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Jean Vianin, gardien de la cabane du Mountet



Ce fut en 1911 que la cabane Constantia, au Mountet, fut confiée aux soins de Jean Vianin (elle était jusqu'alors affermée à un tenancier). Jamais la section n'eut la main plus heureuse dans le choix d'un gardien. Alerte, actif, toujours de joviale humeur, ne s'énervant jamais même dans les moments de grande affluence, toujours bienveillant mais sachant cependant faire respecter son autorité et l'ordre dans la maison. Aussi devint-il bientôt pour les grimpeurs et les touristes qui passaient au Mountet une sorte de héros légendaire,  Jean des Neiges, dont la popularité et la renommée s'étendaient au loin. C'est qu'avant tout il aimait sa cabane, son petit royaume du Mountet avec les cimes splendides de la Grande Couronne, et cet amour se traduisait en dévouement, se reportait sur ceux qui venaient les gravir et les admirer. Il n'aimait guère les touristes oisifs; pour lui, c'était presque faire injure à la montagne que, monté jusque-là, on ne tente pas quelque escalade. Il conseillait, rassurait, encourageait les novices et les timides. Il se dépensait corps et âme pour assurer le repos et faciliter le départ des caravanes qui partaient dans la nuit pour les grandes ascensions. Toute la journée, il suivait les cordées à la lunette, surveillait leurs progrès, se réjouissait de leur succès, et lorsque ces grimpeurs rentraient au refuge, fatigués par une longue journée, à peine avaient-ils déposé sacs et piolets qu'ils trouvaient sur la table, à leur intention, une tasse de thé ou un grog bouillant.

Jean Vianin, photographie prise en 1949 devant la cabane du Grand-Mountet, observant une cordée à l'Obergabelhorn.

Pour en savoir plus, cliquer sur la photo :

Document Michel Savioz

En 1919, on avait agrandi la cabane; mais celle-ci n'en restait pas moins incommode et ses aménagements peu pratiques. A chacun de mes passages là-haut, Jean me montrait, d'un air désolé, le plancher crevassé, les portes et les volets fendus, les fenêtres gauchies, les tables boiteuses rafistolées de bouts de planches, la cuisine et le réfectoire trop étroits où, par le mauvais temps, les vents coulis se promenaient librement. Il en était navré, presque honteux, et il intercédait, attendait, espérait... Les transactions difficiles pour le rachat de l'hôtel, les finances anémiées de la section, puis les restrictions de la guerre retardèrent la reconstruction de plusieurs années. Mais on ne vit homme plus radieux, plus fier, plus heureux que Jean Vianin lorsque, en ce jour d'inauguration du 18 septembre 1943, bras dessus bras dessous avec le président de la section, il pénétra dans la belle cabane toute neuve. Son rêve de quinze ans était enfin réalisé.

Gardien de la cabane du Mountet pendant près de quarante ans. Tâche modeste et souvent ingrate dont Jean des Neiges a su faire une tâche magnifique ! Plus que le fidèle serviteur du Club Alpin, il fut un véritable collaborateur. Par son enthousiasme, par son dévouement, il a contribué à faire aimer, à faire comprendre, à faire respecter la montagne. A tous ceux qui l'ont connu, il laisse un souvenir qui ne s'effacera pas.                                L.- S.

Tiré de : Bulletin mensuel de la Section Des Diablerets du C.A.S, juin 1953

© Collection particulière de André Groux, Lausanne.


 

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