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Mines d'asphalte de la Presta / Val-de-Travers

L'asphalte, minerai rare et précieux fut utilisé dès l'Antiquité, intervenant dans l'embaumement des momies égyptiennes; il servit également à l'étanchéification des constructions babyloniennes et des navires phéniciens.

Le gisement d’asphalte dans le Val-de-Travers fut découvert en 1711 par le savant et médecin grec Eyrini d’Eyrinis, en excursion géologique en notre pays. Une concession est demandée au roi de Prusse - dont dépend la Principauté de Neuchâtel à cette époque -. Elle est délivrée dans le courant de l'année 1712. En 1713, Eyrini d'Eyrinis se mit personnellement à l’exploiter, douze ans plus tard on utilisait déjà le produit pour le carénage des vaisseaux de la compagnie des Indes, le revêtement des bassins de Versailles, les fontaines publiques en Suisse.

Après des hauts et des bas dans l’exploitation de cette richesse naturelle, qui intéressa notamment le chocolatier Philippe Suchard, le canton de Neuchâtel octroyait en 1873 une concession à la « Neuchâtel Asphalte CO ». Depuis cette époque, la société a exploité les mines avec un succès croissant.

Au début, l’exploitation se fit à ciel ouvert puis dans les galeries où sont installés des voies Decauville pour la circulation des wagonnets, chargés de transporter l’asphalte à l’extérieur, pour être traité en surface.



Document Daniel Dreyer

Ce précieux mélange de bitume et de calcaire s'exportait dans le monde entier pour construire les routes et recouvrant places et avenues du New Jersey, de Rio de Janeiro ou de La Haye. Une époque aujourd'hui révolue: l'exploitation industrielle du site de la Presta, un labyrinthe de couloirs et de galeries qui atteignait autrefois près de 100 kilomètres de longueur, a définitivement cessé en décembre 1986.

Plusieurs générations de mineurs dont des centaines d'ouvriers venus d'Italie pour renforcer la main d'oeuvre locale ont creusé les flancs de la montagne pour en extraire l’asphalte. Des ouvriers au courage titanesque, qui ont arraché à la montagne plus de deux millions de tonnes de ce minerai précieux qu'est l'asphalte. Véritable or gris de la région qui fit la renommée industrielle du Val-de-Travers.

Dans les derniers temps, de puissants moyens mécaniques remplacèrent l’énergie humaine. L’asphalte de la Presta a été utilisé pour le revêtement des ponts de l’autoroute en Argovie, pour des ponts à Bâle-Campagne, à Fribourg, en Valais, au Tessin, qu’on en a fait usage pour le pont de la Thièle, qu’il a été employé pour le grand pont de la Chaux-de-Fonds, pour les galeries contre les avalanches au Simplon.

L'extraction devenue trop onéreuse et le filon trop mince pour résister à la concurrence des bitumes artificiels et des produits étrangers, les anciennes mines d'asphalte de la Presta disposent désormais d'un musée qui évoque l'importance et la richesse d'une histoire encore toute proche.
                                                 
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Visite succincte du Musée

Autrefois, le principal moyen de traction dans la mine, était le cheval. En 1886 onze chevaux sont utilisés pour sortir la roche. Les chevaux transportaient les blocs jusqu'aux wagons; ils pouvaient en tirer jusqu’à huit. Chacun d'eux tirait un wagonnet de bois équipé d'un mécanisme permettant de le faire basculer sur le côté et contenant environ une tonne. Le dernier cheval Colette se retrouva à la retraite en 1973 lors de la mécanisation de l’extraction.





Chaque année, des dizaines de milliers de billes de bois étaient façonnées puis utilisées pour construire les soutènements des galeries, tâche des boiseurs. Petit à petit on ajouta des «cintres» (armements d'acier); dans les années soixante, on commença à utiliser des boulons d'ancrage pour consolider les parois.





Des wagonnets en fer en forme d'oeuf étaient utilisés à l'extérieur; selon leur équipement technique on  pouvait les vider sur deux ou sur quatre côtés. 






Cassé à l'aide d'une masse, les blocs étaient chargés sur des petits wagonnets contenant chacun près d'une demi-tonne de minerai. 





Réduits en poudre, les blocs d'asphalte étaient amenés à leur point de fusion dans d'énormes chaudières, puis coulé, de main de maître dans les célèbres moules hexagonaux d'où sortaient après durcissement, les fameux pains d'asphalte du Val-de-Travers, pesant chacun le quart d'un quintal. Les pains hexagonaux étaient envoyé aux entrepreneurs obligés, à leur tour, de fondre à nouveau les pains pour obtenir l'asphalte liquide.

Chaque seau remplissait une alvéole d'asphalte chaud.




Des maîtres mineurs étaient chargés d'installer les fils et de mettre à feu les explosifs. Il fallait jusqu'à une demi-heure pour percer un trou de forage.






L'outillage  : pioche, pique, barres à mine, pinces, pelle à long manche, louche, masse, marteau, hache, fondoir à pétrole... ces outils étaient beaucoup utilisés, car tout le travail fait sur place consistait à dégager la roche ébranlée par les coups de mine.





Avant l'installation en 1905 des ventilateurs électriques, l'aérage se faisait de manière naturelle. Un constant courant d'air frais était créé par deux galeries et un puits d'aération, des portes assurant sa régulation.




Pour aller plus loin : Les mines d'asphalte du Val-de-Travers  / Jean-Pierre Jelmini
Ouvrage illustré de photographies retraçant le quotidien des mineurs de fond.
Nouvelle Revue Neuchâteloise, no 14, 1987 - page 45 à 91

Sources :

Les Mines d'asphalte de la Presta / Val-de-Travers - Albert Spycher
Collection : Vieux métiers 61 a
Bâle 1994 Société des traditions populaires


Journal l'Express, 17 octobre 1969 et 24, 25 mars 1973 

Derniers regards sur la Mine d'asphalte de La Presta

De Babylone à Rio, la route de l'asphalte


 





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