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Au cimetière du Calvaire à la Sallaz

En se rendant à La Sallaz, on trouve à gauche et à droite de la route deux cimetières, l'un en face de l'autre. À gauche le cimetière du Calvaire, à droite le cimetière dit de Pierre de Plan, remplacé aujourd'hui par le collège de La Sallaz. Le premier à été ouvert en 1811, c'est à part celui d'Ouchy, le plus ancien des endroits de sépultures situés hors de la ville, c'est là que pour la première fois, on mit des piquets numérotés sur les tombes. La partie orientale du cimetière a été désaffecté en 1946/1947. Le cimetière du Calvaire, en 1964/1966. C'est donc ce dernier qui nous intéresse ici.

Quelques monuments encore visibles, mentionnent des noms célèbres : Frédérique César de la Harpe et son épouse, Dorothée-Catherine de Laharpe, Jenny Enning-Cavin, Eugène Rambert, le philosophe Charles Secretan, les majors Ducret et P. Favez. Une colonne blanche avec l’inscription « A Duplessis – Instructeur chef – Les militaires vaudois reconnaissants 1855 ». Il existe encore une plaque commémorative portant les noms des neufs victimes de la crue du Flon en 1831.

Les monuments cités sont à voir  ICI


La tombe de Charles Gleyre (1)

Ce grand peintre vaudois, peintre des Illusions perdues, Musée du Louvre, d’Hercule au pied d’Omphale, Musée de Neuchâtel, des Romains passant sous le joug, Musée de Lausanne, de l’adorable Charmeuse, du Musée de Bâle, et de tant d’autres oeuvres exquises a eu cette curieuse fortune de posséder trois sépultures. Il a été inhumé à Paris, à Lausanne et à Chevilly.

Mort subitement à Paris, le 5 mai 1874, en pleine exposition des Beaux-Arts, le peintre avait été, le surlendemain, enterré au cimetière de Montparnasse. Quelques jours après, le Conseil d’Etat vaudois réclamait son corps pour le faire reposer dans son canton d’orgine. Il avait été d’abord question du cimetière de La Sallaz, à Lausanne. Mais la belle-soeur du peintre et la municipalité de Chevilly, consultées, demandèrent instamment que le corps de Gleyre fut confié au petit cimetière de son village natal, Chevilly, et le Conseil d’Etat déféra à ce voeu. La cérémonie de la translation des cendres eut lieu le 19 mai 1874. Au bord de la tombe, dans un site agreste et charmant, au milieu de tout un peuple venu de Lausanne ou accouru du
voisinage, on entendit les discours d’un pasteur, du président de la Société vaudoise des Beaux- Arts, puis successivement, - chose piquante – de M. Louis Ruchonnet, conseiller d’Etat et M. Ceresole, conseiller fédéral. Il semblerait que Gleyre dût rester éternellement à Chevilly, sous la petite pierre grise, indifférente aux yeux de l’étranger, qui ne portait que son nom, à demi-effacé, et les deux dates de sa naissance et de sa mort. Mais quelques jours après cette inhumation solennelle, le Conseil d’Etat avait déjà été informé que les nièces et héritières du peintre et son exécuteur testamentaire, M. Charles Clément, informés trop tard de la décision prise, regrettaient que le corps eût été transporté à Chevilly et se seraient prononcés pour l’enterrement à Lausanne. Mlle Mathilde Gleyre aurait même voulu immédiatement tenter des démarches pour obtenir une nouvelle translation, mais elle différa son projet, sur les instances de M. Kern, alors ministre de Suisse à Paris. Vingt ans après, les nièces de Gleyre sont revenues à leur idée première. Par requête du 21 octobre 1894, elles ont demandé au gouvernement vaudois l’autorisation de transférer les restes du grand peintre de Chevilly à Lausanne, où elles avaient l’intention de lui élever un tombeau.

Cette requête se heurta, au début, à l’opposition bien compréhensible de la commune de Chevilly, Mais dès lors, les autorités locales, mues par un sentiment de patriotisme et de déférence pour les héritiers de Gleyre, firent le sacrifice de leurs préférences et renoncèrent à combattre le transfert. En conséquence, le Conseil d’Etat autorisa l’exhumation des cendres de Charles Gleyre, et celle-ci furent transportées au cimetière de La Sallaz, où la commune de Lausanne offrait une concession perpétuelle.

Ce jour-là 2 juillet 1896, ne fut marqué par aucune cérémonie publique, soit à Chevilly, soit à Lausanne ; les délégués de la famille et ceux des autorités communales étaient seuls présents et assistèrent seuls, à la levée du cercueil et à sa troisième mise en terre. Le 21 septembre 1896, en revanche, on inaugura avec quelque solennité le monument que la famille de Gleyre a fait élever sur la tombe du peintre. Ce monument est fort beau dans sa simplicité : une dalle de marbre blanc, reposant sur des supports de pierre grise et portant sur sa face antérieure le nom de Charles Gleyre, avec les dates 1806 et 1874 ; sur sa face postérieure, la belle devise de Platon : Le beau est la splendeur du vrai, qui caractérise admirablement le génie du grand artiste.
La concession perpétuelle offerte par la ville de Lausanne se trouva entre la tombe d’un officier supérieur de l’armée britannique, mort dans notre pays, et celle de Charles Secrétan. Le hasard a donc voulu que le peintre des Illusions perdues et l’auteur de la Philosophie de la liberté dormissent leur dernier sommeil côte à côte. A quelques pas de ces deux tombeaux, se dressa la colonne funéraire de Louis Ruchonnet (2). 
Quelle matière à philosopher que le rapprochement de ces trois hommes.

Tiré de « La Patrie Suisse » No 104 du 15.9.1897 et signé G.R.


Un complément d’information du directeur de Police, nous citons :
« Nous vous informons que les restes mortels de Monsieur Charles Gleyre, peintre vaudois, ont été exhumés de la concession simple No 113, au cimetière de La Sallaz, le 26 juillet 1947, pour être inhumés au cimetière de Chevilly. En ce qui concerne le monument, nous partons de l’idée qu’il a également été transféré à l’époque, bien que rien, dans nos fiches, ne vienne le confirmer. »


Réf : Journal Le Relais - Organe de la Société de développement La Sallaz - Vennes
Août 2003, Mars 2011.


  • (1La désaffectation du cimetière en 1947 ramène Charles Gleyre à Chevilly pour un quatrième voyage posthume.
  • (2Lors de la désaffectation du cimetière, les restes mortels de Louis Ruchonnet sont transférés au cimetière du Bois-de-Vaux, le 8 juin 1946.
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Date

Après 2000

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Auteur

Journal Le Relais, éditions online - Organe de la Société de développement La Sallaz - Vennes et Sylvie Bazzanella

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Monuments civils
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