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Les Eaux-Vives, Genève, commune de 1798 à 1930

LA COMMUNE DES EAUX-VIVES DE SA CREATION A LA FUSION 1798-1930

(Ouvrage, de Jean-Pierre FERRIER, publié sous les auspices du Conseil Administratif de la Commune des Eaux-Vives datant de 1931).

Le 19 mai 1815, Genève devient officiellement le 22e canton suisse.

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Si l’on jette les yeux sur un plan de Genève datant du moyen âge, on constate que les bords du lac, des ramparts de Genève aux Rives de Cologny, sont représentés par une grève qu’occupent quelques baraques de pêcheurs. Ce lieu s’appelait Arenarium, d’un mot latin qui signifie sable. Une route traversait cette contrée quasi déserte et longeait le lac. Ces pêcheurs n’étaient pas les premiers habitants ; longtemps avant eux, un village lacustre avait animé les rives du lac de la Pierre à Niton à Plongeon et, plus tard, une villa romaine s’éleva à l’emplacement du parc de La Grange.

Les facilités d’existence que procurent le bord d’un lac, la proximité d’une ville et les sources vives qui donneront leur nom à cette région, ne devaient pas tarder à peupler le quartier. Des actes de vente datés de 1305 et 1306 sont les premiers documents qui fassent mention de la localité. La plus ancienne vue que l’on en connaisse est le rétable de Witz peint en 1444. Sur l’un des volets de ce triptyque, la pêche miraculeuse, le paysage représentant les Eaux-Vives dominées par le Petit-Salève, les Voirons et les Alpes. On y reconnait le Pré-l ’Evêque où s’exercent des archers. Au centre, une tour carrée, sans doute un ouvrage avancé défendant les approches de la ville.

Les Eaux-Vives faisaient partie du faubourg du Temple, l’un des faubourgs de Genève : Le faubourg du Temple ou Aygues-Vives – dit Bonivard – depuis la porte de Rive tirant au Pré-l ‘Evêque jusqu’au lieu-dit Hurtebise (Jargonnant), contenait 880 pas ». Il était et restera jusqu’en 1800 sous l’administration de la ville.

C’est aux Eaux-Vives, dans une maison qui bordait le Pré-l’Evêque s’étendant alors jusqu’à  Rive, que fut célébrée chez un nommé Etienne Dadda, en 1533, deux ans avant la proclamation de la Réforme, la première cène réformée.

L’année suivante fut marquée par une prise d’armes ; les partisans de l’évêque, alors fugitif, devaient s’emparer de Genève en escaladant le boulevard de Rive ; les soldats traversèrent les Eaux-Vives en silence, espérant surprendre les défenseurs à l’improviste, mais ceux-ci veillaient et culbutèrent les assaillants qui se retirèrent en désordre ; ce fait d’armes est connu sous le nom de Retraite de Jargonnant. Le gouvernement pris alors une décision énergique, celle de raser les faubourgs afin d’établir autour de la ville un grand espace libre que pourraient facilement balayer les canons des remparts et qui empêcherait  l’ennemi d’avancer à couvert. Du lac à la Coulouvrenière, toutes les maisons furent abattues malgré la résistance de plusieurs propriétaires dont on vint à bout en envoyant des archers bernois démolir leurs maisons. C’est alors que Bonivard fit dire à Genève : J’étais Genève la belle, je devins Genève la forte.

Les Eaux-Vives étaient devenues un désert, mais au XVIIe siècle, après le Traité de Saint-Julien, qui semblait mettre Genève à l’abri es convoitises ennemies, de nouvelles constructions s’élevèrent sur les ruines des anciennes sacrifiées sur l’autel de la patrie.

Ce serait à cette époque que Sully, ministre d’Henri IV, aurait fait planter les ormeaux Pré-l’Evêque que tous les vieux Eaux-Viviens ont connus mais ce n’est que là une légende.

Des industries s’établirent petit à petit aux Eaux-Vives : l’indiennerie y comptait notamment de nombreux ouvriers.

Quand vint la Révolution, notre commune eut aussi son club révolutionnaire, le Club des Egaux. Sa principale manifestation, d’ailleurs couronnée de succès, fut de demander que le nom odieux d’Evêque qui souille leur place d’armes soit changé en celui de Pré National. Il demanda aussi sa mise en culture. « Nous nous réjouissons d’avance – écrit-il – en pensant que nous verrons croître, par nos soins et sous nos yeux, les secours destinés aux malheureux et que nous travaillerons par-là à maintenir notre indépendance.

Les pommes de terre du Pré National de maintinrent pas, hélas l’indépendance genevoise. Genève devint française et une des premières mesures du gouvernement fut de créer la commune des Eaux-Vives dans les limites qu’elle gardera, avec de légères modifications, jusqu’au jour où elle deviendra partie de la Grande Genève.

01 Jean-Edouard Naville 1809-1817

 

En 1809, Jean-Edouard Naville, maire, songea à mettre la commune dans ses meubles ; il fit considérer à son Conseil « combien il serait avantageux d’avoir une chambre de commune » ; le Conseil se rangeant à son point de vue, décida de louer une chambre au premier étage de la maison Ruckert au Pré-l’Evêque. En 1817, Jean-Edouard Naville, ayant été nommé auditeur, fonction incompatible avec celle de maire. Donnait sa démission. Naville fut remplacé par Jean-François Vez-Ficher, jusqu’en 1832. En 1828, on dépense 4'500 florins pour construire en bordure du Jeu-de-l’Arc au Pré-l’Evêque, une salle et une antichambre à usage de mairie. Un nouveau maire, Alexandre-Auguste de Morsier, fut nommé en 1833-1841. Le 11 août 1834, les électeurs eaux-viviens élurent pour la première fois leur Conseil municipal. Jacques-Adrien Naville, maire, de 1843-1845. La mairie était venue trop petite, c’est en 1843 que l’on décida à louer la petite maison Malan au Pré-l’Evêque, moyennant un loyer de 450 francs : le bail fut consenti pour cinq ans. Les électeurs des Eaux-Vives, appelés le 16 août 1847 à choisir eux-mêmes leur maire, ne conservèrent que celui que l’ancien régime leur avait donné, Philibert-Louis-Michel Cramer – Lasserre à la tête de la commune de 1841 à 1842 et de 1846 à 1851.

En 1810. Nous sommes sous le régime français, le premier Consul avait été proclamé empereur, l’Europe mise à feu et conquise, puis la roue de la fortune avait tourné, Napoléon avait été vaincu. « Pour la première fois l’aigle baissait la tête. » Les alliés envahirent la France, mais aucun de ces événements ne se reflète dans les registres de la Commune, qui semble continuer, sans autres soucis, sa petite vie tranquille.

En 1853, la mairie ne suffisait plus aux besoins d’une commune : on se décida à en construire une nouvelle sur la propriété Couteau, qui fut achetée : deux architectes eaux-viviens, MM. Krieg et Brocher, sont appelés à concourir pour son édification : ce fut le plan de M. Krieg qui fut préféré.

Sur cette photo, nous découvrons l'ancienne Mairie des Eaux-Vives, 1856-1909, elle était située à la rue de la Mairie à l’angle de la rue Henri-Blanvalet. En 1931, elle servait d’école enfantine. Une maison de deux étages sur rez-de-chaussée, quelques classes et des maîtresses. La petite école fut désaffectée quelques années plus tard, la maison servit de local pour des sociétés locales, avant de tomber à son tour sur les assauts des démolisseurs et de leurs grosses machines, dans les années 1950-1960. Aujourd'hui, sur la rue Henri-Blanvalet, à droite de la mairie, se trouve le dépôt de la compagnie 1, (les Eaux-Vives) des sapeurs-pompiers volontaires de la ville de Genève.



Photo F.H. Julien, Genève


Le dernier Conseil administratif de la commune.

Sur cette photo, nous découvrons le dernier Conseil Administratif de la Commune des Eaux-Vives. Le 18 mai 1930, le peuple souverain décide de créer la « Grande Genève » en incorporant les Eaux-Vives, Plainpalais et le Petit-Saconnex. La commune a perdu son autonomie, elle ne sera plus qu’un arrondissement électoral, mais en se réunissant à la Ville de Genève, elle lui apportera un dot, mariée malgré elle, ses traditions de patriotisme, de concorde civique, d’ordre et d’économie qui tout au long de son histoire, ont marqué sa personnalité.

De gauche à droite : MM. Jules Peney, conseiller administratif ; Camille Rochette, maire ; Alexandre Martin-Achard, conseiller administratif ; Louis Panchaud, secrétaire municipal.





La nouvelle Mairie des Eaux-Vives.

La mairie, devenue cinquantenaire, était insuffisante : il fallait en construire une nouvelle. Le 24 janvier 1905, un crédit de 450'000 francs fut voté. M. Burnet, accepta de vendre les terrains sur lesquels il exploitait son commerce de vins en gros, à l’angle de la route de Frontenex et de la rue de la Mairie. M. Léon Bovy fut choisi comme architecte. L’élaboration des plans occupa architecte et municipalité jusqu’à la fin de 1906. Le 30 mai 1907, la première d’angle fut posée. Les travaux durèrent deux ans. Le 15 février 1909, John Gignoux, maire, de 1904 à 1918, réunissait pour la dernière fois à l’ancienne mairie, pour se rendre de là en corps inaugurer la nouvelle mairie. Parmi les trois conseillers invités, deux, M. Jules Mussard et M. Victor Charbonnet, avaient administré la Commune, l’un comme maire, l’autre comme adjoint. C’était à la mairie des Eaux-Vives que les électeurs avaient été les chercher pour leur confier les destinées de la République. L’œuvre était achevée. Le nouvel édifice était admiré de tous. La dépense s’élevait à 570'079 francs, et la maison locative que la Commune avait fait construire à côté, afin que la mairie fut épaulée par un édifice de même style, revenait à 300'000 francs. Aujourd’hui, suite à la fusion du 18 mai 1930, la mairie des Eaux-Vives est la Mairie officielle de la Ville de Genève où se trouve la salle des mariages.





Photo Jannet, Genève

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Ancienne école de la rue des Eaux-Vives.

Démolie en 1896 et reconstruite à Genthod (propriété de Mme  Edmond De La Rive)

Une femme de bien, Madame Simon-Chauvet avait créé un « asile de l’enfance », ancêtre de nos écoles enfantines ; le Conseil municipal lui accorda en 1836 une subvention de 315 florins par an. La constitution de 1847 supprimait la Société économique qui gérait les biens des anciens Genevois et prévoyait notamment aux dépenses de l’instruction publique et à l’entretien des édifices religieux. En 1860, s’éleva, à l’ombre du clocher de l’église, le bâtiment de l’asile de l’enfance qui devient plus tard l’école enfantine et sert, en 1931, de crèche. En 1877, l’école que l’on avait prévue vaste, en vue des générations futures, n’avait pas encore dix ans qu’elle se révéla  trop petite. La commune acheta pour 80'000 francs l’ « ancienne chapelle russe »,  propriété de M. Senn, à l’angle des chemins des Eaux-Vives et des Vollandes, pour y installer les classes enfantines et primaires. En 1896, elle fut démolie pour faire place à un bâtiment plus important pouvant abriter de plus nombreuses classes. Nous trouvons, en 1878 pour la première fois dans le registre du Conseil, le programme complet de la fête des promotions. Les Eaux-Vives se peuplaient tous les jours davantage ; dans les écoles, le nombre de plusieurs classes dépassait le maximum fixé par la loi ; un terrain fut acquis à Villereuse et l’on demanda à M. Blocher, architecte, de tracer les plans de la future école. Le bâtiment a été construit en 1894. Le XIXe siècle s’achevait, la commune née avec lui devenait centenaire. Sa population avait plus que décuplé, ayant passé de 860 habitants à 11'887, ses écoles étaient peuplées de plus de mille écoliers.



Au seuil du XXe siècle,

la question de la fusion des communes suburbaines avec la Ville se pose pour la première fois. Il avait été fait allusion dans une séance du Conseil municipal d la ville ; sur l’initiative de M. F. Lombard, le Conseil municipal des Eaux-Vives releva le gant et, le 1er février 1901, à l’unanimité, chargea le maire d’informer le Conseil d’Etat « que le Conseil s’oppose, en ce qui concerne « la Commune des Eaux-Vives, à la fusion de la Ville et des « communes suburbaines ». Et il n’en fut plus question…pour un temps.

Pour la première fois aussi, on parla d’automobiles au Conseil. M. L., Wanner demanda au maire de s’employer à faire restreindre la vitesse des automobiles sur le quai des Eaux-Vives et la route d’Hermance ; il prédisait que ces engins ne manqueraient pas de causer des accidents.

Le Pré l’Evêque.

Cette appellation a une origine historique, comme beaucoup d’autres du quartier. Dans les dernières décennies  du XIXème siècle, c’était encore un vrai pré. Avec de l’herbe. Et des arbres. Propriété de l’Evêque de Genève avant la Réforme, il a gardé ce nom qui lui vient de bien loin. Depuis l’époque médiévale et jusqu’en 1900, le tir à l’arc y fut pratiqué. L’élégant bâtiment qui servait de local aux archers fut démoli, et il resta le pré.

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Débarquement des Suisses aux Port-Noir, 1er juin 1814.

De 1798 à 1813, la Commune des Eaux-Vives était sous le régime français. En 1810, le Premier Consul avait été proclamé empereur, l’Europe mise à feu et conquise, puis la roue de la fortune avait tourné, Napoléon avait été vaincu. « Pour la première fois l’aigle baissait la tête. » Les Alliés envahirent la France. Vint décembre 1813. L’armée du feld-maréchal Bubna arrive et les chemins des Eaux-Vives retentissent du fracas des caissons d’artillerie et de piétinement des régiments croates. Que de soucis alors pour la municipalité ! Elle doit faire face aux réquisitions de toutes sortes. Ces ennuis n’empêchent pas Jean-Edouard Naville, maire, de marquer aux Conseils de la République la joie qu’éprouvent ses administrés à voir Genève recouvrer son indépendance. Les Eaux-Viviens purent, le 1er juin 1814, manifester leur patriotisme ; n’étaient-ils pas aux premières loges pour acclamer les bataillons fribourgeois et soleurois, quand, après avoir débarqué au Port-Noir, ils traversèrent la commune pour entrer à Genève par la porte de Rive, aux acclamations d'un peuple éperdu de joie.

Chaque année, le 1er juin, en fin d'après-midi, un cortège se forme au Jardin Anglais pour se rendre au Port Noir où a lieu une cérémonie de la commémoration du débarquement des troupes confédérées.

Pour rappel : Le 1er juin 1814 au Port-Noir constitue une date historique pour le canton de Genève. Les premières troupes Confédérées constituées d'environ 300 soldats fribourgeois et soleurois débarquent au Port-Noir, situé au débouché de la rampe de Cologny à Cologny. Les troupes ne pouvaient gagner Genève par la terre - par la Route suisse - car des contingents français occupaient encore certains territoires entre Nyon et Genève. L'épisode du Port-Noir marque généralement le début du processus d'entrée de Genève dans la Confédération.
Celui-ci aboutira le 19 mai 1815, date à laquelle Genève devient officiellement le 22e canton suisse.



Le Temple.

C’est aux Eaux-Vives, dans une maison qui bordait le Pré-l ’Evêque s’étendant alors jusqu’à Rive, que fut célébrée chez un nommé Etienne Dadda, en 1533, Deux ans avant la proclamation de la Réforme, la première cène réformée.

En 1828, la Commune n'avait pas de pasteur et relevait pour les ecclesiastiques de la paroisse de Cologny. Les habitants, dont les cinque sixièmes se ratachaient à la confession protestante, allaient à l'église à Genève et envoyaient leur cathécumènes à Cologny d'où l'on faisait descendre le pasteur quand on avait besoin de lui. En 1831, le 25 novembre, une charge de pasteur fut créée aux Eaux-Vives et fut confiée au pasteur John Duby devait l'exercer jusqu'en 1863. Henri Ferrier 1863-1901, Jacques Martin à partir de 1901, Pierre Bordier 1874 à 1904, Frédéric Ferrier de 1904 à 1926.

Si la Commune avait, depuis 1881, son pasteur, elle ne possédait pas d’église ; le culte se célébrait dans la salle d’école et le désir ardent de la population était de voir les Eaux-Vives cesser d’être un village  sans clocher. Il convient de signaler toutefois que le pasteur César Malan avait construit en 1820 au Pré-l ’Evêque une chapelle dissidente dit « Eglise du Témoignage », qui fut démolie en 1864. Sous les auspices du maire, une souscription est organisée en 1838, elle atteint 27'000 francs, la commune achète alors pour 15'000 francs une partie de la propriété Olivet, autrefois Saint-Ours ; dans son esprit, ce terrain devait abriter non seulement l’église, mais encore la mairie, une cure et l’asile de l’enfance. Un concours entre architectes fut ouvert. M. Reverdin remporta le prix, mais certaines difficultés s’étant élevées entre lui et la Commune, ce fut sur les plans de M. Louis Brocher que s’édifia l’église gothique qui depuis, appelle les fidèles à la prière. La première pierre fut posée le 2 juin 1841. Le 7 août 1842, la dédicace du temple se faisait solennellement.

Le 15 juin 1907, la séparation des Eglises et de l’Etat était votée : les rapports officiels avec la paroisse protestante allaient prendre fin ; l’indemnité de logement aux pasteurs ne figura plus sur le budget et le temple, jusqu’alors propriété de la commune, deviendra le 8 avril 1810, celle du Consistoire de l’Eglise nationale protestante de Genève.

Temple des Eaux-Vives 

Les pasteurs :

Les pasteurs

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L’église catholique, n’a pas eu aux Eaux-Vives de lieu de culte ni d’organisation dans le cadre communal, les fidèles étant rattachés à diverses paroisses, notamment à celles de Saint-Joseph et de Plainpalais. C’est aux Eaux-Vives, au chemin de la Chapelle, que s’installa le « Cercle catholique d’ouvriers, dit de l’Espérance », fondé en 1872 par le R.P. Joseph. Cette société participa souvent aux œuvres communales d’entraide et de bienfaisance.

Le dispensaire médical.

Un groupe de médecins créèrent en 1908, à la rue des Eaux-Vives, une institution qui rendit les plus grands services à la population pauvre de la commune : c’est le dispensaire médical. La Conseil décida d’y contribuer en prenant à sa charge la fourniture des médicaments aux indigents.

La Maison Royale.

En 1908, le maire tenait à la bauté de la commune;  aussi éleva-t-il une énergique protestation quand il apprit que le Conseil d’Etat avait autorisé l’architecte qui construisit la “Maison Royale”, située au quai des Eaux-Vives (aujourd’hui : quai Gustave-Ador 46), à dépasser la hauteur maximum prescrite par la loi. Ce fut en vain, le Département des Travaux publics lui rappela que la loi prévoyait des dérogations “dans un but décoratif”. Toute l’ironie de cette expression apparut quand l’édifice fut achevé. Suivre le lien ci-dessous :

http://www.notrehistoire.ch/photo/view/53556/

Le parc des Eaux-Vives et de La Grange.

La plus grande œuvre accomplie par la Commune des Eaux-Vives en faveur de la communauté genevoise tout entière a été  l’achat du Parc des Eaux-Vives. Cette propriété avait appartenu jadis à la famille noble des Plongeon, au cours du XVIIIème siècle, avait passé dans les mains des familles Trembley, Horngacher, Lullin, Hartscher et Senn, avant d’être achetée en 1865 par Louis Favre, l’entrepreneur célèbre qui perça le Saint-Gothard ; sa fille, Mme Naoum Hava, la vendit pour 600.000 francs à la Société du Parc des Eaux-Vives. La demeure abrita pendant quelques semaines une tête couronnée. S.M. Chulalong-korn, roi de Siam, puis sous le nom de Luna-Park, était devenu un parc d’attractions. La société propriétaire allait vendre le domaine pour être morcelé. M. John Gignoux, se mit à la tête d’un comité pour sauver le parc et le donner à la communauté genevoise. Il entra  en tractation avec les propriétaires et, fin 1912, il annonçait au Conseil municipal qu’il avait offre ferme pour 1.500.000 francs, valable jusqu’au 15 mars. Entre temps, il s’était même demandé si, un jour, La Grange, la campagne voisine ne pourrait pas venir arrondir ce beau domaine. M. le maire a eu l’intention d’en faire cadeau, à titre quelconque, à l’Etat ou à la Commune. Il n’était pas possible à la Commune de mettre 1.500'000 francs à l’achat d’un parc. Le Conseil d’Etat était disposé à donner 200.000 francs, la Ville 100.000 francs, des particuliers prêteraient un demi-million sans intérêt on pourrait aussi obtenir des dons par une souscription. Aussi, le Conseil suivit son maire et, le 28 février, vota le principe de l’achat. Toutes les classes de la population se passionnèrent à l’idée de sauver le parc dans son intégralité, si bien que 408.000 francs furent recueillis dont quatre dons de 50.000 francs. Le Grand Conseil vote une subvention de 280.000 francs, la Ville de Genève de 120.000, si bien que le 15 avril 1913, le maire peut réunir son Conseil pour lui annoncer que la part de la Commune n’était plus que de 693.000 francs dont  350.000 seront prêtés par quelques citoyens, sans intérêt, pendant dix ans. Le Conseil unanime vota les crédits. Le parc était sauvé et, le 3 juillet 1913, à l’occasion des promotions des écoles enfantines, la Commune en prenait possession.

Au milieu des soucis de la guerre, 1914-1918, les habitants des Eaux-Vives apprirent un jour une bonne nouvelle : La Grange devenait un domaine public. Cette belle propriété contiguë au parc des Eaux-Vives,  avait appartenu à la famille Lullin, qui y avait construit la maison vers 1720. François Favre, de vieille famille genevoise, l’avait acquise en 1800, et depuis lors elle avait été transmise de père en fils : Guillaume Favre, Edmond Favre et William Favre lequel fit généreusement don à la Ville de Genève en 1918.

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Le stade municipal de Frontenex.

La construction d’un stade est votée et, le 30 mars 1920, on achète à cet effet, à Frontenex, sur le territoire de Cologny, deux parcelles de terrain au lieu-dit « La Giroflée ». Le Legs de 50'000 francs de M. William Favre sera affecté à cette acquisition. L’année suivante, le stade est achevé. Il aura coûté 479.489 francs et ne servira pas seulement aux athlètes et joueurs de football, mais fortifiera les enfants délicats par son utilisation pour les écoles en plein air de l’Etat et de l’œuvre du « Rayon de Soleil ».

Enfant et adolescent dans les années 1950, 1960, domicilié à la rue de Montchoisy, je me souviens, que régulièrement j’allais m’entrainer ou voir les matches de football sur ce stade. J’étais  heureux lorsque U.G.S., sur son terrain, battait SERVETTE. Il faut dire qu’en ce temps-là, Jackie  BARLIE était gardien à Urania  Genève Sport, son club d'origine soit l’équipe de football des Eaux-Vives. Le local du club sportif était situé dans le bâtiment de la Mairie, l’entrée se trouvait sur la rue du Nant.

Stade de Frontenex

Les Armoiries des Eaux-Vives.




Le 25 prairial an VI, de la République, (18 juin 1798), un arrêté du gouvernement instituait, à côté de l’administration centrale de la ville, une administration municipale des communes et créait ainsi la commune des Eaux-Vives. Jusqu’au 10 juillet 1904, la commune avait vécu sans armoiries. Dès cette année, la lacune fut comblée par l’adoption du projet dessiné par M.A.S. van Muyden. Elles se lisent : écu coupé, au 1 de pourpre et de trois faces ondées diminuées d’argent, la fasce supérieure supportant une barque au naturel, vue de pointe, armée de deux voiles latines d’argent en sautoir, le mât portant au sommet un guidon flottant à senestre ; au 2 parti : de gueules à la clef d’or en pal, le panneton tourné à senestre, et d’argent à l’arc au naturel, posé en barre et traversé en bande d’une flèche de même. Comme cimier au soleil d’or, portant en cœur les lettres I H S de sable. Devise : Aquis vivis felicitas.

Les ondes fascées et la barque rappellent le lac et le port des Eaux-Vives. La clef, empruntée aux armes de l’Evêché, indique qu’une partie de la commune appartenait jadis à l’évêque. L’arc et la flèche évoquent le « Noble Exercice de l’Arc », qui a toujours eu son siège dans la commune.

La fusion : le 18 mai 1930; le peuple souverain décide par 13.485 voix contre 7.807 de créer la « Grande Genève » en y incorporant les Eaux-Vives, Plainpalais et le Petit-Saconnex. Par 1.256 non contre 1.212 oui, les Eaux-Vives s’y étaient refusées. La Commune a perdu son autonomie, elle ne sera plus qu’un arrondissement électoral, mais en se réunissant à la Ville de Genève, elle lui apportera en dot, mariée malgré elle, ses traditions de patriotisme, de concorde civique, d’ordre et d’économie qui, tout au long de son histoire, ont marqué sa personnalité. La loi du 15 septembre 1849 ordonnait la démolition des fortifications; la muraille et les fossés qui séparaient la ville des Eaux-Vives allaient disparaître; on peut dire que c'est à ce moment que le problème de la fusion commença à se poser, la ville libérée de son corset de pierre va déborder sur les communes suburbaines; la Terrassière, la rue des Eaux-Vives ne seront plus que la continuation de la ville.

Les Agents municipaux et les Maires des Eaux-Vives.

Agents municipaux de 1798 à 1800 :

Jean-Pierre Saint-Ours 1798, Nicolas Seguesser 1798-1799 et Jean-André Ami Dupré 1799-1800.

Maires de 1800 à 1931 :

Jean-André Ami Dupré 1800-1801, Nicolas Seguesser 1801-1804, Jean-Alexandre Grand 1804-1809, Jean-Edouard Naville 1809-1817, Jean-François Vez-Fischer 1817-1832, Alexandre-Auguste de Morsier 1833-1841, Philibert-Louis-Michel Cramer-Lasserre 1841-1842, Jacques-Adrien Naville 1843-1845, Philibert-Louis-Michel Cramer-Lasserre 1846-1851, Jean-Louis Peschier 1851-1858, Théodore Weber 1858-1866, Antoine Viollier-Rey 1866-1874, Henri Mussard 1874-1882, Gustave Muller-Brun 1882-1896, Jules Mussard 1896-1903, John Rehfous 1903-1904, John Gignoux 1904-1918, Camille Rochette 1918-1929, Jules Peney 1929-1930 et Camille Rochette 1930-1931.

15 Camille Rochette 1918-1928 et 1930-1931

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Date

01/01/1931

Lieu

Rue du Nant 3, 1207 Genève, Suisse
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Popularité

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Auteur

Jean-Pierre Ferrier

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