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S.RACHMANINOW, Rhapsodie sur un thème de Paganini, A. RUBINSTEIN, OSR, E.ANSERMET

S.RACHMANINOW, Rhapsodie sur un thème de Paganini, A. RUBINSTEIN, OSR, E.ANSERMET
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Description

Illustrant ce descriptif: Rachmaninow et Paganini, extrait du recto de la pochette du disque Pantheon XPV 1032

         Hommage à la mémoire d' Ernest ANSERMET, 2019, VI

               La composition de la Rhapsodie sur un thème de Paganini se situe dans la période du 3 juillet au 18 août 1934. Rachmaninow vivait alors en Suisse, près du lac des Quatre-Cantons. Le thème est emprunté au 24e Caprice pour violon de l'opus 1 de Paganini, qui est une série de variations très complexes, associant Paganini au diable dans l'imaginaire du public. Rachmaninow utilisa ce thème comme point de départ d'une série de 24 variations, précédées par une introduction et suivies d'une coda finale.

               Sergei Rachmaninow maîtrisait parfaitement la forme de la variation, ceci est apparent dès les premières mesures de l'oeuvre. Au lieu de se lancer dans le thème, Rachmaninow commence par une introduction qui fait allusion à la mélodie de Paganini sans l'exposer explicitement. Il s'agit en fait de la première variante, après quoi il déroule le thème dans les cordes, le piano articulant les notes clés de la ligne mélodique. Il combina la forme du tout avec celle d'un concerto en trois mouvements:

"[...] Le premier mouvement est la longue section, d'une variété étourdissante, qui comprend tout le début jusqu'à la Var. 15. Au départ, seul un contour très dépouillé se fait entendre; l'accent est mis sur le thème de Paganini avec l'entrée du piano, qui nous entraîne bientôt dans les ricochets fantastiques des premières variations. Le «second sujet» apparaît dans la sixième variation, d'un caractère plus méditatif, et dans la septième Rachmaninow introduit le «Dies irae» en plainchant – référence que l'on retrouve dans nombre de ses oeuvres, presque comme une signature.

Après un climax conclusif dans la Var. 15, le «mouvement lent» débute, préparant peu à peu, au travers de l'attente de la Var. 16 et des déambulations nocturnes de la métamorphose la plus célèbre de la mélodie de Paganini dans la Var. 18, qui prend un caractère grandiose et lyrique avec l'orchestre au complet. La Var. 19 plonge dans un final en forme de scherzo plein d'esprit, jazzy, d'une virtuosité éblouissante, même si le «Dies irae» n'est jamais loin. Puis la musique finit par s'évaporer comme en une bouffée de fumée. [...]" cité d'un texte de Jessica Duchen dans une traduction de Josée Bégaud, publié dans la brochure du CD Deutsche Grammophon 477 9308.

Ernest Ansermet et Arturo Toscanini au festival de Lucerne 1938, une photo citée de cette page de Notre Histoire (avec Ernest ANSERMET expliquant les circonstances de la fondation du Festival de Lucerne, un court entretien avec Henri JATON).

               Le vendredi 11 août 1939, au Festival de Lucerne, Ernest ANSERMET donna la première audition suisse de la Rhapsodie sur un thème de Paganini, avec le compositeur au piano:

"[...]                     Au Festival international de Lucerne

                            Le concert Ansermet-Rachmaninoff

                            (De notre envoyé spécial)

Commencé par les sensationnels concerts Toscanini, le festival international de Lucerne se poursuit, très brillant. Vendredi soir, c'était au tour d'Ansermet de diriger l'orchestre. Honneur insigne, mais redoutable. Hé bien! Ansermet a triomphé. Le public exigeant qui avait acclamé Toscanini l'a acclamé à son tour. Nous tous qui suivons depuis des années la carrière du chef de l'O. R. (*) , qui avons connu ses luttes, l'opposition qu'il a dû vaincre, son énergie, sa maîtrise chèrement conquise, pouvons être fiers du succès éclatant qu'il vient de remporter. Qu'il en soit vivement félicité.

On sait quel est l'orchestre du festival de Lucerne: un Orchestre de solistes où, à peu de chose près, chaque pupitre est occupé par un artiste. Vous pouvez imaginer le parti qu'Ansermet en a tiré. La symphonie en ré majeur de Haydn a été rendue dans toute sa fraîcheur, avec une nuanciation ravissante. Quant aux Nocturnes de Debussy, à la Valse de Ravel, ce sont les pages de prédilection de notre chef, celles où il est insurpassable. Leur pouvoir magique s'est déployé dans sa plénitude, soulevant l'enthousiasme des auditeurs.

Le soliste de la soirée était le pianiste Serge Rachmaninoff, une des gloires de l'ancienne Russie, demeuré étonnamment jeune malgré les ans. Rachmaninoff nous a joué le premier Concerto de Beethoven dans un style racé, sobre, méprisant les effets faciles, mais d'une allure chevaleresque emportant la conviction. Les trouvailles rythmiques, qui abondent dans le Final de cette oeuvre ravissante, ont été soulignées avec infiniment d'esprit.

Après Brahms et ses Variations, Rachmaninoff n'a pas craint de reprendre le thème du fameux Caprice en la mineur de Paganini, pour en faire une Rhapsodie pour piano et orchestre. Cette oeuvre nous présente une suite singulière de tableaux allant du diabolique très réussi de la danse des morts, avec intervention du Dies irae, jusqu'à des fadeurs d'un sentimentalisme désuet. Le tout est écrit avec une surprenante adresse, tant pianistique qu'orchestrale. Et Rachmaninoff exécuta son oeuvre avec une étonnante maîtrise, obtenant un succès triomphal.

[...]" chronique signée «H.G.» publiée dans le Journal de Genève du dimanche 13 août 1939 en page 2.

(*) À cette époque l'actuel Orchestre de la Suisse Romande était nommé «Orchestre Romand», suite au statut et à la situation financière très précaires de l'orchestre d'Ernest Ansermet dans les années 1930. Le Studio de Radio-Genève avait en effet formé son propre orchestre et n'engageait plus que de temps en temps l'Orchestre d'Ernest Ansermet; en plus, le studio de Radio-Lausanne - en géguerre avec celui de Radio-Genève - avait également formé son propre orchestre, qui fut intitulé Orchestre (radiophonique) de la Suisse Romande! D'où ce nom d'«Orchestre Romand» pour l'orchestre d'Ernest Ansermet. La situation ne s'améliora qu'en 1938: Sottens ayant besoin d'un orchestre symphonique, la solution fut trouvée en réunissant l'«Orchestre Romand» et l'ensemble du Studio de Radio-Lausanne en un nouvel «Orchestre de la Suisse Romande» qui, fort de 84 musiciens, fut placé sous la direction de son fondateur, Ernest Ansermet. Un accord fut également passé avec Radio-Genève, ce qui assura définivement la survie de l'orchestre. Mais l'habitude de le nommer «Orchestre Romand» subsista encore pendant quelques années.

               Le 30 août 1964, Ernest ANSERMET et son Orchestre de la Suisse Romande ouvraient le Festival de Montreux. Au programme de ce concert - à l'époque diffusé en direct sur le second programme de la Radio Suisse Romande (Ref):

  •      Johannes Brahms, Ouverture tragique, opus 81
  •      Ludwig van Beethoven, Concerto No 3 en ut mineur, opus 37
  •      Sergei Rachmaninow, Rhapsodie sur un thème de Paganini, Op. 43
  •      Claude Debussy, Trois nocturnes pour choeur et orchestre

En soliste: Arthur RUBINSTEIN. Cliquer sur la photo ci-dessous pour visionner un entretien du 25 novembre 1964, accordé à l`émission Carrefour de la RTSR:

Arthur Rubinstein, instantané cité de la vidéo sur cette page de Notre Histoire.

               Le 3 septembre 1964, Jacques POULIN écrivait dans le Journal de Genève en page 13:

"[...]                     Au Septembre Musical de Montreux

     Arthur Rubinstein - Ernest Ansermet et l'Orchestre de la Suisse Romande

                           (De notre envoyé spécial)

C'est un personnage vraiment hors série que Rubinstein qui, après son récent triomphe à Lucerne, était l'hôte, dimanche soir, du Festival international de musique de Montreux. Alors que tant de grands interprètes, en effet, sont peu à peu et visiblement atteints d'une sorte de stérilité, sont victimes d'une routine qui semble décalcifier leur pensée, l'illustre pianiste que nous entendions nous stupéfie à chaque fois par la fraîcheur, le renouvellement constant et le juvénile de son jeu.

Grand spécialiste, on le sait, de Chopin et de Schumann, Arthur Rubinstein proposait une autre face de son talent avec le Concerto No 3 en ut mineur, op. 37, de Beethoven, oeuvre maîtresse qui connut sous ses doigts l'immédiat et émouvant climat de grandeur et d'émotion dont elle est animée. Comme il faut le relever une fois encore, il n'y a point de problème technique ni de difficultés matérielles pour lui, c'est avec une souveraine aisance, un mépris complet des effets extérieurs, qu'il exposa à nobles et larges traits, fruits d'une parfaite concentration, les trois mouvements de cette oeuvre grandiose. Le largo central, particulièrement, valut à l'auditoire des moments d'intense émotion, alors que le rondo final éclatait de jeunesse triomphale.

Ce fut ensuite la Rhapsodie, op. 43, sur un thème de Paganini qu'écrivit, après tant d'autres, Rachmaninoff, fasciné à son tour par le fameux vingt-quatrième Caprice du célèbre violoniste italien. Oeuvre d'une grande diversité, dont les vingt quatre variations affirment l'adresse d'écriture de leur auteur, son sens du contraste comme de la juste évocation du climat cherché. Et ce fut, pour Arthur Rubinstein, l'occasion nouvelle d'affirmer ses dons hors série de pianiste et de musicien.

Avec un tel partenaire,on imagine bien qu'Ernest Ansermet peut sans peine faire briller de tout son éclat un Orchestre romand dans sa meilleure forme, et attester d'une parfaite communion de pensée. Dans Beethoven comme dans Rachmaninoff, cette mutuelle compréhension s'affirma d'une manière aveuglante, et souleva l'enthousiasme d'une salle qui adressa aux deux artistes, comme à l'orchestre de frénétiques et interminables acclamations.

Pour sa part, le maître Ansermet avait porté son choix sur l'Ouverture tragique, op. 81, de Brahms qui n'est peut-être pas d'entre les pages les plus significatives de son auteur, mais n'en est pas moins traversée, par instants, d'un sensible souffle émotionnel. Et, en fin de programme, trois Nocturnes de Debussy, qui sous aucune autre baguette, peut-être, ne sauraient être dessinés avec une plus sensible et élégante adresse, et dont le dernier «Sirènes», bénéficiait du concours souplement nuancé du Choeur de dames de la Radio Romande que M. André Charlet dirige avec infiniment de goût. [...]"


L' enregistrement que vous écoutez...


Sergej Rachmaninow, Rhapsodie sur un thème de Paganini, Op. 43, Arthur Rubinstein, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, 30 août 1964, Salle du Pavillon, Montreux (22:27)

   01 Introduction: Allegro vivace

   02 Var. I (Precedente)

   03 Tema: L'istesso tempo

   04 Var. II: L'istesso tempo

   05 Var. III: L'istesso tempo

   06 Var. IV: Più vivo

   07 Var. V: Tempo precedente

   08 Var. VI: L'istesso tempo

   09 Var. VII: Meno mosso, a tempo moderato

   10 Var. VIII: Tempo I

   11 Var. IX: L'istesso tempo

   12 Var. X: L'istesso tempo

   13 Var. XI: Moderato

   14 Var. XII: Tempo di minuetto

   15 Var. XIII: Allegro

   16 Var. XIV: L'istesso tempo

   17 Var. XV: Più vivo scherzando

   18 Var. XVI: Allegretto

   19 Var. XVII: (Allegretto)

   20 Var. XVIII: Andante cantabile

   21 Var. XIX: A tempo vivace

   22 Var. XX: Un poco più vivo

   23 Var. XXI: Un poco più vivo

   24 Var. XXII: Marziale. Un poco più vivo (Alla breve)

   25 Var. XXIII: L'istesso tempo

   26 Var. XXIV: A tempo un poco meno mosso

Provenance: Radiodiffusion, Archives RSR resp. RTSR

Sergej Rachmaninow en 1925, D.R.

Photographe ??, lieu ??, date exacte ??: si une personne visitant cette page devait en savoir plus, toutes informations m'intéressent -> Couriel!


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