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Arthur HONEGGER, Une Cantate de Noël, OCL, Pascal MAYER, 16 décembre 2008, Cathédrale de Lausanne

Terminée le 16 octobre 1953 à l'Hôpital Cantonal de Zürich, où le compositeur soignait une santé devenue toujours plus précaire, l'oeuvre fut composée sur une commande de Paul Sacher:

"[...] [H.C.] Le dernier ouvrage que vous lui avez commandé est la Cantate de Noël qui reprend l'esquisse déjà ancienne d'une partition qui n'a jamais vu le jour: «La Passion de Selzach».

[P.S.] Oui! À Selzach, petite ville du canton de Soleure, on jouait toujours une «Passion» pendant la Semaine Sainte. Le poète César von Arx désirait faire revivre cette tradition et travailla avec Arthur sur un projet. Malheureusement sa mort brutale a interrompu leur collaboration. Lorsque j’ai demandé à Arthur d'écrire un nouvel oratorio, il a utilisé ce qu'il avait déjà composé en vue de cette «Passion» et en a fait la Cantate de Noël. Il a évidemment ajouté les chants de Noël.

[H.C.] Il avait en effet envisagé d'écrire une «Cantate de Pâques» sur un texte de Paul Claudel. Mais devant les progrès de la maladie et le déclin de ses forces, vous lui avez suggéré d'utiliser les fragments déjà écrits de la «Passion de Selzach».

[P.S.] Oui ! Mais vous savez il a fait comme Jean-Sébastien Bach qui était capable d'écrire une cantate sur un texte profane et le lendemain de la transformer en cantate d'église. Il a pris cette musique composée pour la «Passion de Selzach» et en a fait la «Cantate de Noël». C’est une très belle oeuvre!

[H.C.] Elle est d’autant plus émouvante qu’elle est sa dernière oeuvre importante.

[P.S.] Oui. [...]"

cité d'un entretien de Paul Sacher [P.S.] avec Huguette Calmel [H.C.], «Arthur Honegger mon Ami», Bulletin de l'Association Honegger, No 3, décembre 1996, pages 6-15

Arthur Honegger et Marcel Mihalovia (un compositeur français né en Roumanie), Paris, 1955, une photo du site ParisEnImages © Boris Lipnitzki/Roger-Viollet

À l'origine il était prévu de donner cette oeuvre au concert commémoratif du 25e anniversaire du Choeur et de l'Orchestre de Chambre de Bâle. Mais suite aux problèmes de santé d'Arthur Honegger, elle ne put être terminée à temps, et ne fut donnée en première audition que le 8 décembre 1953, par Derrick Olsen (baryton) et Choeur et de l'Orchestre de Chambre de Bâle sous la direction de Paul Sacher.

Reprenant des textes liturgiques en latin, des cantiques et chants populaires en français, anglais et allemand, combinés et superposés suivant la tradition musicale du Quodlibet - «Une Cantate de Noël» devient rapidement populaire, "[...] au meilleur sens du terme. Honegger, tout en édifiant une construction musicale des plus complexes[...], fait progresser sa Cantate de Noël de l’obscurité et de l’angoisse à la lumière et à la jubilation, dans un mouvement irrésistible qui fait oublier la science du compositeur et ne retenir que son message d'espérance. [...]" Jean Roy


Frontal d'altar d'Avià, el Naixement, d'après un monument répertorié dans la base de données du patrimoine Catalan des Béns Culturals d'Interès Nacional et espagnole des Bienes de Interés Cultural, voir cette page de Wikipedia.

Une courte description de l'oeuvre, citée d'un texte de Calum MacDonald publié en 2008 dans la brochure du CD Hyperion CDA67688:

"[...] C’est l’orgue qui domine la lente introduction initiale. Les premières entrées chorales sont sine littera, comme dans une lamentation, et croissent jusqu’à un passage fondé sur les paroles du psaume 130, le «De profundis». La musique enfle jusqu’à une lugubre marche atteignant à un apogée dissonant, lequel déclenche un cri choral («Ô viens»), qui se développe en une mise en musique de l’hymne «Ô viens, ô viens Emmanuel!» (Honegger n’utilise cependant pas la célèbre mélodie en plain-chant). Le choeur d’enfants prodigue du réconfort puis le baryton, accompagné par l’orgue et les trompettes, annonce la naissance du Christ en reprenant les mots de la proclamation biblique de l’ange. Lui répond un quodlibet standard de noëls allemands et français, auquel se mêle aussi le Gloria latin.

Le tempo ralentit jusqu’à Adagio et, lorsque le baryton chante le Gloria, un soprano solo reprend le psaume 117 («Laudate Dominum») en utilisant la mélodie traditionnelle. Le choeur mixte chante ensuite tout le psaume en mesure ternaire, tandis que les voix d’enfants et les trompettes ajoutent le plain-chant en déchant. La lente coda offre un nouveau pot-pourri de noëls finalement réduits à des phrases éparses s’éteignant dans la sérénité de la nuit de Noël. [...] cité d'un texte de Calum MacDonald publié en 2008 dans la brochure du CD Hyperion CDA67688.

Les textes chantés:

Première partie

[Choeur]

Ah ...

De profundis clamavi ad te, Domine;

Domine, exaudi vocem meam.

Ah ...

O viens!

O viens, o viens Emmanuel!

En toi vit l’espoir d’Israel.

Nos lourdes fautes nous pleurons,

entends nos voix qui t’implorons.

[Choeur d'enfants]

Freu’ Dich, freu’ Dich, o Israel!

Bald kommt, bald kommt Emmanuel.

[Choeur]

O viens, parais lumière du jour

qui dois nous apporter ton secours.

Nous errons tous sans but ni fin,

O désigne nous le clair chemin.

Deuxième partie

[Choeur d'enfants]

Freu’ Dich, freu’ Dich, o Israel!

Gekommen ist Emmanuel.

[baryton]

Ne craignez point,

car je vous transmets une bonne nouvelle

qui apportera une grande joie:

Le Messie est venu sur la terre,

dans une étable à Bethléem,

vous trouverez couché

dans une crèche l’enfant-Jésus.

[Choeur d'enfants]

Es ist ein reis entsprungen

aus einer Wurzel zart ...

[Choeur] (sopranos et ténors)

Gloria in excelsis Deo ...

[Choeur] (mezzo sopranos et basses)

Il est né le divin enfant,

jouez hautbois, résonnez musettes ...

[Choeur d'enfants]

Wie uns die Alten sungen,

aus Jesse kam die Art

Mitten im kalten Winter

wohl zu der halben Nacht.

Das reis, das ich da meine,

davon Jesaia sagt.

Maria ist’s, die reine,

die uns das Blümlein bracht.

Hat sie ein Kind geboren

und blieb doch reine Magd.

[Choeur] (sopranos et ténors)

Gloria in excelsis Deo ...

[Choeur] (mezzo sopranos et basses)

Il est né, le divin enfant!

Chantons tous son avènement,

le ciel l’a annoncé.

Voici fnir la nuit.

[Choeur]

Vom Himmel hoch, ihr Engelein, kommt!

Eia, eia,

Susani, susani!

Kommt singt und klingt,

kommt pfeift und trombt,

Alleluia, alleluia!

Von Jesu singt und Maria.

Stille Nacht! Heilige Nacht!

Alles schläft, einsam wacht,

Nur das traute hochheilige Paar.

Holder Knabe im lockigen Haar.

Schlaf in himmlischer ruh.

Stille Nacht! Heilige Nacht!

Hirten erst kundgemacht

durch der Engel; Halleluia

tönt es laut von fern und nah,

Christ, der retter ist da.

[baryton]

Gloria in excelsis Deo ...

[Solo treble]

Laudate Dominum omnes gentes ...

[baryton]

Gloria in excelsis Deo

et in terra pax,

pax hominibus bonae voluntatis.


Troisième partie

[Choeur]

Laudate Dominum omnes gentes,

laudate eum omnes populi,

quoniam confrmata est super nos

misericordia ejus

et veritas Domini manet in aeternum.

Gloria Patri et Filio

et Spiritui Sancto,

sicut erat in principio, et nunc,

et semper et in saecula saeculorum.

Amen.

[Choeur d'enfants]

Laudate Dominum omnes gentes,

laudate eum omnes populi,

Amen.


C'est grâce à la générosité de la...

... que nous pouvons écouter en ligne l'oeuvre complète, qui fut diffusée le 12 mars 2014 dans une émission de la série "Fauteuil d'orchestre", rendue disponible pour une écoute en ligne dans les splendides archives de la RTSR.


Arthur HONEGGER, Une Cantate de Noël, sur des textes liturgiques et populaires pour baryton, choeur mixte, choeur d'enfants, orgue et orchestre, H 212, Marcus NIEDERMEYR, basse, Maîtrise de la Haute École de Musique de Lausanne (préparée par Yves BUGNON), Choeur Pro Arte de Lausanne, Orchestre de Chambre de Lausanne, Pascal MAYER, 16 décembre 2008, Cathédrale de Lausanne

Cliquer sur CE LIEN pour ouvrir une fenêtre popup avec l'audio démarrant au début de la présentation de la Cantate de Noël par Bertrand DÉCAILLET.


La première partie du concert était consacrée au Magnificat BWV 243 de Johann Sebastian Bach:

Johann Sebastian BACH, Magnificat in D-Dur, BWV 243, Marcus NIEDERMEYR, basse, Maîtrise de la Haute École de Musique de Lausanne (Yves BUGNON) , Maria SCHMIDT, soprano, Catherine PILLONEL-BACCHETTA, contralto, Christophe EINHORN, ténor, Marcus NIEDERMEYR, basse, Choeur Pro Arte de Lausanne, Orchestre de Chambre de Lausanne, Pascal MAYER, 16 décembre 2008, Cathédrale de Lausanne

Cliquer sur CE LIEN pour ouvrir une fenêtre popup avec l'audio démarrant au début de la présentation du Magnificat par Bertrand DÉCAILLET.


En complément de programme: Arthur Honegger, Quatuor No 1, voir cette page (https://www.notrehistoire.ch/medias/116945)


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