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CICR : du Métropole au Carlton et ses différents lieux historiques genevois

Bisbille sur la colline...

Hôtel Carlton (édifice privé): siège du CICR depuis 1946

« Tout Genevois est fier de la Croix-Rouge, et c’est au nom de tous que nous vous souhaitons bon séjour et bon travail sur cette colline de l’Ariana, qui est non seulement un beau site, mais qui est comme le centre naturel géographique de l’idée internationale et de la paix entre les hommes. » [*]

C’est en ces termes que s’achevait le discours du président du Conseil d’Etat genevois, lors de l’inauguration des nouveaux locaux du CICR au Carlton en janvier 1947. Peu auparavant, le CICR avait vivement remercié les autorités cantonales et municipales de lui avoir affecté « cet édifice regardant Genève du haut de sa colline ». Après cet échange d’amabilités, une réception avait été donnée dans les vastes salons du Carlton où la grâce des charmantes « déléguées aux rafraîchissements » ajoutait une note agréable au tableau. Seule ombre à cette scène idyllique : les réticences du CICR à se retrouver là-haut sur la colline.

Rappel des faits : A la suite du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, les autorités genevoises avaient mis à la disposition du CICR un certain nombre de locaux, dont ceux de l’Hôtel Métropole. Une convention avait été passée en 1942 avec le conseil administratif de la Ville de Genève offrant au CICR la jouissance du bâtiment pour une durée de cinq ans. Or, en septembre 1945, le président du Conseil administratif écrit au CICR, lui demandant de libérer l’Hôtel Métropole dans les délais les plus brefs. La fin des hostilités amène en effet à la reprise des relations entre pays : « Nous recevons déjà de nombreux voyageurs et si Genève devait reprendre un rang comme cité internationale, nous devrions être en mesure d’accueillir nos hôtes ». Et quoi de mieux qu’un hôtel pour cela.

Hôtel Métropole (édifice mixte): siège "opérationnel" du CICR de 1941 à 1946

… ou comment le CICR a toujours eu les déménagements en horreur !

Dans un premier temps, le CICR refuse catégoriquement de quitter les lieux : « Nous devons vous dire qu’il nous est absolument impossible d’envisager l’abandon de l’Hôtel Métropole… [car cela] nous obligerait à la suspension de nos travaux et au renvoi brutal d’un très grand nombre de collaborateurs. »

Peu émues, les autorités genevoises, Ville et Etat cette fois, reviennent à la charge au printemps 1946 : certes il y a toujours urgence à récupérer le Métropole, mais les édiles sont aussi soucieux de recaser le CICR. Et d’avancer alors l’idée du Carlton qui se prêterait « parfaitement à l’usage des bureaux du Comité international de la Croix-Rouge. » Mieux, la Ville de Genève couvrirait toutes les dépenses pour l’aménagement de l’ancien hôtel et le déménagement du CICR, et un arrangement pourrait même être passé avec la Compagnie genevoise des transports électriques pour les 3 à 400 personnes qui travailleront au Carlton. Cerise sur le gâteau, la Ville serait encore disposée, « éventuellement, à augmenter sa subvention » !

Les jeux sont donc faits. Pourtant le CICR se lance dans un combat d’arrière-garde. Sur le mode de la surenchère, on trouve ainsi le Carlton bien trop exigu et, comme condition préalable à tout transfert, on demande à la Ville d’y installer « des ailles ou baraquements suffisamment confortables ». On s’essaye aussi dans le registre des pressions et l’on rappelle que « le siège de la Croix-Rouge internationale se trouve à Genève, mais qu’il pourrait être transporté dans d’autres villes en Suisse ». Ce à quoi les autorités politiques rétorquent, cinglantes « qu’en 1947 auront lieu de nouvelles élections du Conseil administratif et qu’il n’est pas certain qu’à ce moment-là le CICR se trouve en présence d’autorités municipales aussi bien disposées à lui faciliter le transfert de ses services dans d’autres locaux » !

Vaincu, le CICR se résout finalement à accepter l’offre genevoise et à emménager, fin 1946, au Carlton, « solution, sinon la meilleure, du moins la moins mauvaise ».

Hôtel Carlton (édifice privé): siège du CICR depuis 1946

Une seule personne sera réellement satisfaite : Lucie Thudicum-Fol, belle-fille de Georges Thudicum, directeur du collègue « La Châtelaine » et bâtisseur du Carlton. « Je suis très reconnaissante de savoir notre ancienne demeure bientôt dans les mains protectrices de la Croix-Rouge », écrit-elle au président du CICR. « J’ose espérer qu’il me sera quelquefois permis d’aller m’asseoir sous un des arbres que j’ai vus tout petits encore ».

Genève, pensionnat de La Châtelaine (pensionnat Thudicum). Vue générale.

Autres Lieux historiques du CICR à Genève

  1.  Rue de l'Athénée, 3 (édifice privé): siège du CICR de 1863 à 1918
  2. Palais de l'Athénée (édifice privé): Conférence internationale d'octobre 1863
  3. Hôtel- de- Ville (édifice public) : Conférence diplomatique de 1864 (salle de l'Alabama)
  4. Palais Eynard (édifice public): siège de l'Agence internationale des prisonniers de guerre (AIPG), septembre - octobre 1914.
  5. Musée Rath (édifice public): siège de l'AIPG, octobre 1914- décembre 1919; annexe de l'Agence centrale des prisonniers de guerre durant la Seconde Guerre mondiale.
  6. Promenade du Pin, 1 (édifice privé): Siège du CICR de 1918 à 1933
  7. Villa Moynier (aujourd'hui siège de l'Académie de droit international humanitaire et de droits humains de Genève): Siège du CICR de 1933 à 1946
  8. UNI Dufour (anciennement Palais Electoral - édifice public): siège de l 'Agence centrale des prisonniers de guerre de 1939 à 1945
  9. Rue Bellot, 7, Plainpalais : division pharmaceutique du CICR pendant la Seconde Guerre Mondiale
  10. Plainpalais : entrepôt du CICR pendant la Seconde Guerre Mondiale

[*] Les divers documents écrits cités se trouvent dans le dossier ACICR, B CR 23. Les divers documents audiovisuels se trouvent sur le portail des archives audiovisuelles du CICR

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