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Aspects de l'Emigration et de la Colonisation suisses en Argentine au XIXème siècle (Résumé)

Il existe un fait historique extrêmement important totalement ignoré des Suisses comme des Argentins: le développement de l'agriculture argentine, telle qu'on la connaît aujourd'hui, est notamment le résultat de l'implantation, au milieu du XIXème siècle, d'un grand nombre d'Helvètes en territoire argentin.

La Suisse connaît à partir de 1847 de mauvaises récoltes auxquelles s'ajoutent une baisse des prix des produits agricoles et l'apparition progressive du chômage dans le secteur industriel. La mendicité se développe dans les villes. De plus, l'interdiction du service étranger en 1848 laisse les anciens mercenaires sans travail et met les autorités suisses dans l'embarras. Après avoir vécu une première vague migratoire entre 1817 et 1818, la Suisse voit une partie de ses enfants émigrer nombreux, d'abord vers les Etats-Unis, le Brésil et la Russie, puis vers l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay entre 1850 et 1855. La dernière grande vague migratoire se situe aux alentours de 1880 et 1893.

L'émigration suisse en Argentine avant 1850 est très faible; elle est individuelle et se destine plutôt aux villes. Dès 1856, elle devient collective et organisée. Des colonisateurs suisses et argentins, ainsi que certains gouvernements provinciaux prennent en main le destin de milliers de Valaisans et de Fribourgeois pour la plupart, en utilisant les services des agences d'émigration et de navigation implantées respectivement en Suisse et dans les principaux ports européens. Les nouveaux arrivants sont acheminés vers les provinces de Santa Fé, de Buenos Aires et d'Entre Ríos où des colonies agricoles sont fondées avec plus ou moins de succès. L'histoire a retenu le nom de certaines d'entre elles, dont l'exemple a servi de modèle pour les suivantes. Il s'agit d'Esperanza (1856), de Baradero (1856) et de San José (1857), colonies "mères" et de San Jerónimo Norte (1858) et de San Carlos (1859), leurs plus proches enfants. Après des débuts laborieux, ces cinq colonies pionnières ont prospéré et sont devenues des villes argentines à part entière; cependant, on y conserve encore la culture et les traditions suisses avec amour et fierté, comme au temps des premiers immigrants.

Signalons encore deux mouvements migratoires exclusivement helvétiques qui se produisent au début de XXème siècle. Tout d'abord celui caractérisé par des Suisses installés au Chili qui franchissent la cordillère des Andes en 1900 pour fonder, en Patagonie argentine, la "Colonia Suiza" proche du Lac Nahuel Huapi, entre les provinces de Río Negro et de Neuquén. Puis, dans les années 20, quelques jeunes universitaires suisses s'installent à Misiones et se mettent à cultiver la "yerba mate" avec succès. Peu après, la colonie Santo Pipó est fondée par des Suisses qui installent également la première coopérative agricole de la province de Misiones. Une campagne de propagande est alors menée en Europe pour attirer des colons dans cette région du pays. Dans la lancée, une convention d'immigration et de colonisation est signée en 1937 par la Confédération suisse et le gouvernement argentin pour l'établissement de 400 familles helvétiques dans une nouvelle colonie appelée "Eldorado". Devant l'effondrement du marché de la "yerba mate" à la fin des années trente et face au manque d'expérience des immigrants, les trois-quarts des 6'000 Suisses installés à Misiones se déplacèrent à Buenos Aires ou retournèrent en Suisse. Cette dernière tentative colonisatrice helvétique en Argentine marque la fin des grands mouvements migratoires de Suisses à destination de ce pays.

Kaarina Lorenzini

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