Evénement majuscule, la naissance de l’imprimerie à Mayence en 1455 fait plus que marquer la fin du Moyen-Age. D’abord parce que ce procédé permet de créer à moindre coût des multiples d’un texte là où le copiste ne produisait à grands frais qu’une pièce unique. Mais aussi parce que ce progrès va servir le plus grand nombre, le peuple.

L’accès facilité aux textes, qu’il s’agisse d’almanachs, d’ouvrages techniques, de chroniques, voire des poèmes, permet à un public toujours plus large l’ouverture à la connaissance. Le mouvement est conforté par François Ier avec son décret de Villers-Cotteret (1539 ) imposant le français pour les textes officiels. Par cette mesure il place les langues vernaculaires devant le latin réservé aux clercs et à la liturgie. Tout ceci ne va pas sans quelques aléas comme celui qui fait de 1539 l’année du grand « tric », onomatopée traduisant le bruit que fait un composteur qu’on pose violemment sur le marbre pour indiquer qu’on arrête le travail. Au printemps 1539, les compagnons imprimeurs lyonnais, mécontents de leurs conditions de travail, engagent une grève de quatre mois bientôt relayée par leurs collègues parisiens. Le succès du mouvement entraînera, pour longtemps, l’interdiction des coalitions ouvrières (1).

Pour autant ces obstacles n’empêcheront pas l’alphabétisation des populations de langue romane. Au fil du temps le peuple dans sa majorité pourra comprendre les messages accompagnant, dans le dernier quart du XVIIIe siècle, la fin de l’Ancien Régime où la naissance prévalait sur le mérite.

Les imprimeurs américains

La première «révolution» qui traduit ce mouvement apparaît sur la côte Est des Etats-Unis avec la déclaration d’indépendance rédigée par Thomas Jefferson. Même s’il reprend largement la Déclaration des droits de l’homme de l’Etat de Virginie publiée en juin 1776, le futur président de l’Union n’en écrit pas moins l’histoire avec des textes décisifs qui coupent les liens d’allégeance envers la couronne britannique et proclament que « tous les hommes sont créés égaux ». Avant cet événement, la communauté des premiers Américains avait établi un corpus de droits et coutumes couvrant la plupart des libertés. Complétée par dix amendements, la Constitution va passer à la postérité sous le titre de «Déclaration des droits».

La diffusion de ces documents est à porter au crédit de l’imprimerie très présente dans les colonies de la Couronne qui allaient former les premiers Etats de l’Union. La maîtrise technique des professionnels de l’époque est évidente à travers des imprimés comme la déclaration d’indépendance encadrée par les blasons des treize Etats réunis à Philadelphie pour approuver ce texte fondateur. Le corps du message construit dans un caractère de type Garalde (2) ne couvre que les deux tiers de l’espace fermé par des bandeaux porteurs des blasons sur cuivre. La partie libre du document accueille les signatures des délégués.

Cent témoignages parlent pour une profession qui a su s’adapter aux demandes de la nation naissante qu’il s’agisse de la Déclaration des droits de l’homme de l’Etat de Virginie, d’une souscription pour un groupe de fifres et tambours (juin 1775) ou d’une reconnaissance par le trésorier de Virginie d’une livraison de 1000 livres de tabac (juillet 1780). Le recours systématique à la même famille de caractères nous surprend mais il s’explique par le fait que la production de lettres en plomb reste l’une des étapes les plus délicates de l’ensemble du procédé typographique. De fait on dispose de nombreuses preuves du dynamisme de la profession, entre autres cette Virginia Gazette qui sort des presses de l’imprimerie locale dès 1736 à Williamsburg, alors capitale de la «colonie» de Virginie.

Reste aussi, comme un hommage aux imprimeurs, la désignation d’une des populaires machines à imprimer qui a soutenu le mouvement de révolte d’un nom qui porte sa force de symbole : «Boston» !

Les petits ateliers parisiens

Quelques années encore et la Révolution française va prendre le relais. Dans cette période agitée, l’imprimerie est le vecteur des idées qui circulent, s’opposent, disparaissent avec ceux qui les portent (3). On sait que l’imprimerie parisienne est formée d’une multitude de petits ateliers utilisant des outils qui ont très peu évolué depuis Gutenberg. La presse est en bois selon sur le modèle ancien et les phases du travail à la casse sont celles qu’on employait trois siècles plus tôt. Balzac, dans son roman Illusions perdues, explique très bien cette situation (4). L’obstacle technique pèse toutefois moins qu’une autre contrainte forte : la publication du plus petit journal, voire d’un prospectus exige la permission du roi ! Et la mesure se prolonge sous la Constituante. En août 1791, le pouvoir propose des taxes pour juguler l’inflation de journaux mais, dès cette époque, «chaque jour voyait naître une feuille nouvelle (…) les royalistes, les constitutionnels, les révolutionnaires se jetèrent ardemment dans la lutte » (5). Et aucun problème technique ou administratif ne freinera le développement de la presse, élément-clé de la Révolution française. Curieusement, c’est l’éditeur du Journal de Paris, feuille favorable aux aristocrates qui, en gagnant un procès, installe la liberté de la presse. Un « Journal » qui tire chaque jour à 12'000 exemplaires…

Jules de Goncourt (6) a recensé la force de cette presse qui s’ouvre aux plus grands noms : Mirabeau, Restif de la Bretonne, Condorcet, Rivarol, Camille Desmoulins, Marat, Danton, etc… et porte toutes les opinions, de la défense du monarque aux colères du père Duschesne. Près d’une centaine de titres forment la partie émergée de cet iceberg car, au-delà des journaux, des libelles par centaines visent à éclairer l’opinion. Les clubs comme les palais ont tous leur imprimeur au rouleau, technicien capable d’organiser très rapidement - généralement dans la nuit - des équipes de typographes qui produiront des textes assemblés sur de vastes « marbres ». Imprimés au rouleau, à une pincée d’exemplaires sans le secours de la presse, ces placets seront le matin sur le carreau des halles et les guéridons des cafés du palais royal. Dans ce contexte, l’imprimeur est bien un agent de la Révolution. Napoléon retiendra la leçon en réduisant à quelques ateliers surveillés par sa police (quatre pour Paris et un par département) les imprimeries qui formaient, dans la seule capitale française, plus de 150 entreprises autonomes.

La "République lémanique, Liberté, Egalité"

Partie de notre thèse, voici la Révolution vaudoise qui éclate en 1798. L’un des actes fondateurs du mouvement sera la proclamation, le 24 janvier place de la Palud à Lausanne, de la « République lémanique, Liberté, Egalité » surgie dans les plis du drapeau vert et blanc. On le sait moins, ce mouvement fut précédé et accompagné par la publication d’environ 400 documents (7) – libelles, affiches, placets, prospectus – qui visaient à faire avancer la notion encore mal connue de démocratie.

En fait, dès les premières semaines de l’indépendance, les citoyens sont tenus au courant des délibérations de leurs assemblées par le Bulletin officiel rédigé par un avocat vaudois, Gabriel-Antoine Miéville, que nous rencontrerons bientôt. La formation de l’opinion se fait encore au sein des sociétés populaires ouvertes à l’expression orale. Les historiens ont noté que celle de Lausanne, fréquentée par les «Amis de la liberté», tenait des séances chaque jour avec l’espoir de communiquer une dynamique révolutionnaire à des autorités jugées trop modérées, pour ne pas dire endormies. Ces débats étaient présentés par Louis Reymond, rédacteur de l’Ami de la liberté et du Régénérateur. Silvio Corsini, (8) nous parle de ces deux feuilles qui se succèdent entre février et mai 1798 et sont produites par un ancien ouvrier imprimeur, partisan des idées nouvelles ce qui lui vaudra d’être condamné en septembre de la même année à deux ans d’emprisonnement pour avoir incité les gens de la campagne à refuser de s’acquitter des anciennes redevances (9).

Le détail de cet événement où l’imprimeur est en première ligne a fait l’objet d’un cours-séminaire de l’Université de Lausanne qui traitait, entre octobre 2006 et juin 2007, de la «Révolution vaudoise dans l’espace public». A cette occasion de très nombreux documents ont été présentés et analysés (10). Entre autres le libelle intitulé Bon peuple vaudois, écoute tes vieux amis : discours, proclamation, pamphlets diffusés dans le pays de Vaud au temps de la Révolution (décembre 1797 – avril 1798). Cette publication ne forme qu’une partie de la matière traitée lors du cours-séminaire précité mais elle couvre 384 pages de la bibliothèque historique vaudoise !

La Constitution suisse de 1848

La liste non-exhaustive des actions «civiques» de la corporation des imprimeurs comprend encore la défense de la Constitution suisse de 1848 combattue avec force par les milieux conservateurs.

Ferraillant contre tout progrès, les notables «libéraux» imaginent, entre autres, de faire passer le chemin de fer par Yverdon et Morat pour rejoindre Berne.Acquise aux idées modernes, Lausanne défend pour sa part une ligne plus directe qui passe par Fribourg (11). La capitale vote d’ailleurs un crédit de 600'000 francs pour soutenir le projet, mais le canton met ce capital sous régie ! Inutilement puisque la Confédération choisit la solution par Fribourg ! A la fureur des châteaux…

En ce milieu du XIXe siècle, exception faite de quelques journaux, comme la Feuille d’Avis de Lausanne née sous Leurs Excellences et une pincée de titres qui ne feront pas preuve d’une aussi belle longévité (12), la presse du canton de Vauds est inégalement répartie entre deux camps. Celui des conservateurs est servi par un avocat, Gabriel-Antoine Miéville qui a su anticiper sa fonction de rédacteur de la Gazette de Lausanne en étant d’abord celui du procès-verbal du banquet des Jordils (13) en juillet 1791, insolence que Leurs Excellences de Berne ont punie d’une peine d’emprisonnement. En 1798, libéré depuis peu, Miéville postule auprès du pouvoir vaudois naissant la conduite d’un bulletin officiel devenu Gazette de Lausanne en 1804, et Journal suisse en 1817.

Au service du camp conservateur on trouve encore la Gazette des campagnes.

Par ailleurs, le château d’Esbons près d’Aubonne abrite une imprimerie entièrement dévolue aux thèses libérales.

La réplique est portée dans la capitale par plusieurs journaux particulièrement le Nouvelliste vaudois qui « propose de travailler à la création d’une Constitution fédérale qui reconnût la Suisse comme nation… ». Les exemples que nous avons choisis indiquent que la presse villageoise, les Feuilles d’avis officielles installées à cette époque dans tous les chefs lieux de districts font un peu plus que de diffuser des nouvelles régionales. Implicitement ces supports soutiennent, avec plus ou moins de vigueur, le progrès comme moteur d’un changement qui parait bien engagé. Et que, peu ou prou, ces rédactions vont conforter…

Des imprimeurs engagés à Sainte-Croix

En tête de notre recherche sur les imprimeurs militants, nous avons choisi de placer le Journal de Sainte-Croix créé en 1852 par deux Neuchâtelois, les frères Desoche. A cette époque, la petite ville compte 3500 habitants travaillant surtout à produire des montres et des boîtes à musique. Sans surprise le rédacteur du premier numéro (18 septembre 1852) emploie le mot-clé, «progrès», dès l’adresse de la première page. Il parle même de véritable progrès, un terme récurrent au fil des numéros… L’analyse attentive d’une vingtaine de numéros donne des informations intéressantes.

"Sous le titre « variétés » le rédacteur qui signe Jules Addor ouvre son public aux nouvelles du vaste monde. Rien de directement politique à première vue, mais une fenêtre sur la manière de vivre des autres, y compris ceux des générations précédentes. La première de ces « variétés » présente Bernardin de Saint-Pierre, l’auteur de Paul et Virginie, dans la posture du voleur de pommes. Une autre bluette met en scène Charles Nodier et le directeur d’un castelet. Le numéro suivant aborde une question technique importante : comment maîtriser les effets de la foudre sur les fils du télégraphe électrique. En octobre, le journal aborde une «variété originale» : le procès d’un faux- prêtre et vrai père de famille démasqué par hasard. En novembre 1852 surgit une question d’actualité : « Quel remède infaillible contre les engelures ?» Les choix des sujets conduisent le rédacteur du numéro de la mi-novembre 1852 à mettre en évidence une pièce jouée à Lausanne qui vante «le patriotisme exalté et l’amour mystique, fond du caractère du major Davel», un personnage qui a les faveurs du peuple vaudois.

Moins « politique», le sujet traité dans le numéro suivant se passe au tribunal où un mendiant bavard anime la séance de ses bons mots. A la fin du mois le rédacteur répond avec esprit à ceux qui lui reprochent de ne pas avoir vanté la nouvelle pompe à incendie qui se révèle «d’une tournure élégante et presque coquette». Dans la foulée il complimente avec esprit l’arrivée de deux cloches «dont le ramage est fort convenable». Par-dessus les années, on serre la main de ce confrère !

L'enjeu de l'éducation et du progrès

Dans le premier numéro de 1853, on retrouve l’imprimeur militant mettant en exergue des faits qui témoignent d’une évolution de la société. Dans la recension des nouvelles de l’année il y a, en bouquet, les progrès de la société de gymnastique et les mérites du corps des sapeurs-pompiers. D’autres événements locaux résonnent plus fort : la mise en place d’un courrier régulier entre Sainte-Croix et Pontarlier, l’installation prochaine d’une ligne télégraphique, la construction du collège du Lachaux tout neuf pour « l’éducation de la jeunesse et l’avenir de la génération nouvelle», toutes choses qui participent d’un progrès bien tempéré. Pour le rédacteur, les efforts de l’autorité communale en matière de bâtiments scolaires confirment que «nous sommes décidément en voie de progrès». Exprimant les vœux de la communauté, Jules Addor tutoie « mille huit cent cinquante trois, nous espérons que tu ne passeras pas sans nous léguer aussi quelques bienfaits ». Un peu plus qu’un vœu pie !

Les « variétés » qui se succèdent au fil des numéros de l’année 1853 sont plutôt des historiettes mettant en scène des personnages dotés d’une morale élastique. La femme adultère et le riche avare figurent dans ce panthéon, mais aussi la fière jeune fille qui préfère mourir que de renoncer à un bal.

Interdire la mendicité

Au printemps, cinq numéros témoignent plus directement d’un problème social de taille : l’impossible extinction de la mendicité. Le rédacteur invite ses lecteurs à entrer dans une réalité très présente et à juger de l’efficacité des remèdes mis en place. Il souligne qu’à Lausanne, la direction des pauvres habitants fondée il y a plus d’un siècle reconnaît son échec à combattre la mendicité. Cherchant des justifications le magistrat responsable évoque la multiplication des débits de vins et le relâchement des mœurs mais aussi l’aveuglement des donateurs qui gobergent les faux pauvres, là où les vrais pauvres, trop fiers pour le reconnaître, vivent l’enfer sur terre.

La solution proposée par la ville de Berne passe par «la concentration des aumônes dans un bureau central» qui les redistribue aux pauvres méritants dont l’administration tient la liste. Ce qui apparaît comme une lumineuse invention se heurte toutefois aux travers de la société. Le bureau doit rappeler aux donateurs que le minimum du don annuel est fixé à 5 francs de France et qu’il n’est pas convenable de « considérer vos aumônes comme des bons sur le bureau chargé de verser le complément du prix d’une journée de travail aux pauvres qui se sont présentés à votre porte ».

Reste que le succès de ce « bureau de mendicité» de la ville de Berne conduit par un comité restreint de cinq personnes peut se mesurer aux chiffres des mendiants secourus : 103 dans les trois premiers jours d’activité et 1800 pour dix mois. Manifestement, le message aurait convaincu une partie des mendiants. Et au même titre, les bourgeois amenés à ne plus confondre pauvres et mendiants.»

L'engagement du Démocrate de Payerne

Champ d’observation en contraste marqué, voici la communauté de Payerne qui occupe une position dominante au centre de la Broye. Cœur d’une région agricole qui se dépeuple lentement Payerne, plus qu’un lieu d’échanges forme un pôle de résistance. Pour la période d’observation choisie – le milieu du XIXe siècle – la ville évolue très lentement : un peu plus de 3000 habitants en 1850 et guère plus que 3500 quarante ans plus tard. Les auteurs d’une étude documentée (14) soulignent que «cet accroissement lent et continu de la population n’a pu que favoriser la vie sociale locale ». La plupart des moteurs du changement – le train qui arrive seulement dans les années 1876-77, l’industrialisation qui intervient dans la foulée – sont absents dans la période citée.

Les auteurs de l’étude parlent d’une «industrialisation correspondant à un lent glissement d’une économie agricole et artisanale à une économie fondée sur la production industrielle». Ce mouvement apparaît exemplaire dans la mesure où l’industrialisation va provoquer la transformation de l’artisanat et du commerce, non leur disparition. Porteur attentif de cette évolution Le Démocrate de Payerne – organe radical fondé en 1845 - éclaire l’actualité avec une alacrité souveraine. De tous les exemples présentés dans cette étude c’est celui qui sert le mieux notre démonstration.

Dans le droit fil de la mission d’explication qu’ils ont reçu – ou qu’ils se sont donnée – les imprimeurs- rédacteurs du Journal de Payerne Le Démocrate sont de véritables imprimeurs militants. La consultation des numéros publiés dans les années 1855 – 1857 – 1859 offre une roborative lecture des problèmes de la société d’alors et de la façon dont on peut tenter de les améliorer. Quelques articles sont signés de « Ch. Caille, l’un des éditeur-rédacteur responsable », d’autres d’un mystérieux « S » la plupart étant rédigés par la rédaction sont sans signature.

Au service de la vérité pour ses lecteurs !

Depuis sa naissance, au printemps 1846, Le Démocrate a choisi de servir la vérité. Donc de ne rien masquer de ce qui se passe derrière les rideaux du pouvoir. En mars 1855 un article de tête sur la tentation du pouvoir et son corollaire, la priorité accordée aux apparences est présenté et commenté. Le rédacteur cite Chateaubriand soulignant l’inégalité des conditions et demandant que l’instruction gagne les classes inférieures.

Deux numéros plus loin on traite avec passion de l’économie sociale opposée à la religion. Le rédacteur est persuadé que la science et la liberté peuvent faire disparaître l’esclavage moderne. Pour lui la séparation de l’Eglise et de l’Etat est d’autant plus impérative que le traitement réservé aux « régents » est faible, voire misérable. Et que les communes ont souvent tendance à lui payer son salaire avec retard.

En août 1855 la mort de Daniel-Henri Druey suscite deux pages de commentaires. Etudiant celui qui allait devenir porte-drapeau du radicalisme vaudois et rappelant qu'il avait été élève de Hegel. A ce titre Druey avait su bâtir une synthèse forte entre les idées nouvelles et le vieux message du christianisme. En logique les rédacteurs du Démocrate rendent hommage à celui qui fut leur grand homme.

Toujours ferraillant on retrouve nos amis contestant un subside versés par le Tessin à quelques moines « Pour un désagrément passager. Le canton dédommage six capucins avec de 150'000 francs. Mais pour 6000 Tessinois expulsés brutalement au cœur de l’hiver, rien!»

L’attention portée aux contemporains pauvres est constante. Ainsi le compte-rendu d’une tempête sur le lac de Neuchâtel qui a drossé la barque d’une famille de bateliers sur les rochers de saint-Blaise. Ce bateau c’était leur unique gagne-pain !

En prévision de la première Internationale à Lausanne

La passion des rédacteurs à construire une société plus juste les amène à débattre autour de notions – qu’ils opposent – de socialisme et communisme. Pour Le Démocrate si les premiers veulent élever, anoblir le peuple les seconds forment une fabrique de pauvres et de mendiants. Et son rédacteur pose la question centrale : "Est-ce être communiste que de vouloir l’association ?"

En anticipant une réponse négative, il s’inscrit dans l’histoire. Le congrès de la première Internationale, qui aura lieu à Lausanne en 1867, posera à nouveau la question d’une « émancipation ouvrière qui passe par la généralisation du mutuellisme ». On connait la réponse de Marx, qui dominait intellectuellement le mouvement, et ses effets sur le monde du XXe siècle.

Au-delà des débats dogmatiques l’actualité est servie avec les assaisonnements qu’il convient. Comme cette histoire de l’abbé de Saint-Ursanne qui créée une horlogerie des Saints-Anges avec l’idée de « moraliser les ouvriers » mais aussi avec l’argent d’une bonne dame qu’il dépouille jusqu’au dernier sou en construisant sa propre fortune. Malgré les pressions des «libérâtres » et l’arrogance du prêtre voleur qui oppose le droit canon au droit tout court, l’affaire ira devant la justice où, ironise le journal « des juges radicaux et voltairiens l’ont condamné à apporter à la masse en faillite tous ses meubles et immeubles ».

En août 1855 l’article de fond est sommé d’un titre explicite : «Aristocratie et progrès social». Le rédacteur détaille les pratiques de la classe dominante qui s’attache à « noircir, alarmer, détruire moralement les idées nouvelles et leurs courageux propagateurs ». S’adressant à ses représentants il fustige leur attitude en soulignant : "Vous n’admettez pas qu’il soit juste, moral, conforme à la justice éternelle que celui qui n’a rien puisse vivre en travaillant."

Le débat sur le chemin de fer

Un autre débat va passionner Le Démocrate et ses lecteurs : celui du chemin de fer. Curieusement l’Etat de Fribourg qui, dans un premiers temps, est en posture délicate avec l’obligation de réunir 16 millions pour engager les travaux, va assez bien manœuvrer pour pouvoir choisir un tracé qui privilégie Oron et prétérite Payerne (11). On imagine bien que l’un des porte-parole de la communauté lésée critique ce choix et on en salue d’autant un billet signé S qui résume le débat d’une formule « La vapeur soude les matières les plus hétérogènes, des ultramontains aux ultra-radicaux ».

En mars 1856, pour ses dix ans d’existence, le journal augmente son format et réaffirme sa mission d’organe vaudois de la démocratie sociale suisse. Une existence dynamique, passionnée, vivante comme en témoigne cette petite nouvelle sur la lenteur du chemin de fer qui a acheminé un colis de Genève à Zurich en 25 jours. En veine d’expérience les rédacteurs remettent deux caisses à Genève qui seront à Payerne 19 jours plus tard, couvrant ainsi « vingt lieues à petite vitesse ! ».

La passion qui anime ces confrères d’hier les conduit sur cent pistes, quitte à s’opposer « au journal de l’escalier du marché, le Nouvelliste vaudois, qui se demande d’où peut venir l’opposition à la cession de la vallée Dappes à la France ». Pour Le Démocrate et les milieux qu’il représente, la réponse est dans la Constitution qui fixe qu’aucune partie de la Suisse ne peut être cédée. Différence de « lecture » entre deux journaux engagés dans même combat…

On peut conclure sur un « papier » de juin 1859 où un industriel se plaint à haute voix de la façon dont il a été traité par le journal après le renvoi d’un contingent d’ouvriers. Pour lui on doit comprendre que lorsqu’on vend moins et que la banque réduit son aide le seul moyen offert au patron est la réduction du personnel. En gardant en mémoire que ledit patron est dévoué au prolétariat, au travailleur et qu’il accepte d’autant moins la critique qu’il argue « j’ai fait mon devoir ! »

Les rédacteurs du Démocrate se gardent de prendre ce propos pour argent comptant.

L'industrialisation de Vevey

Notre échantillon de communautés s’élargit à Vevey, ville de tourisme mais d’abord d’industrie. Attentives à mesurer la valeur de leurs biens leurs Excellences de Berne avait établi en 1764 que la population de Vevey s’élevait à « 3350 âmes avec 778 feux ». Au milieu du XIXe siècle, champ de notre observation, le nombre des habitants a presque doublé (6494 en 1860) et la progression forte va se poursuivre pratiquement jusqu’à nos jours.

En regard la progression de l’économie est également continue avec l’ouverture d’une fabrique de cigares qui va durer jusqu’à la fin du XXe siècle, l’administration (concluante) de farine lactée à un nourrisson de 15 jours par un certain Henri Nestlé et la fabrication de chocolat au lait par Daniel Peter deux inventions qui allaient ouvrir le marché du monde entier à l’industrie veveysanne. Dans ces années fortes figure encore le développement des ateliers de construction mécanique de Vevey, l’arrivée du train dès 1861, l’éclairage au gaz des rues de la ville en 1863, etc…

Cette corbeille de bonheurs matériels est diversement commentée par les porte-voix de la communauté. La Feuille d’Avis de Vevey se limite à des informations neutres – la mercuriale, les avis divers, la publicité utile à la vente d’une jument de bel âge ou à celle d’un fenil. En revanche le Journal de Vevey paraissant mardi, jeudi et samedi ne craint pas de commenter longuement ce qui forme l’actualité de l’année 1866, prise comme champ de référence.

Dans l’air du temps domine un progrès décisif : le chemin de fer. Le corps politique en a pleine conscience lorsqu’il s’adresse, par les soins de Messieurs les syndics du District de Vevey aux «citoyens du canton pour faciliter la construction du chemin de fer dès Jougne au réseau de l’Ouest-suisse, et en accélérer la continuation jusqu’au Simplon». Plus qu’un geste politique il est question d’offrir à l’Etat une subvention de 200'000 francs réunis par les communes et «les citoyens qui prennent intérêt à la construction de la voie projetée». Avec le chemin de fer, thème qui suscite l’enthousiasme collectif, l’horizon s’éclaircit et les lointains se rapprochent. La famille Rothschild qui finance en sous-main le projet ne peut que se réjouir d’une aussi aimable entente (11).

L'eau du lac pour les pauvres

Pour autant le rédacteur du Journal de Vevey n’en oublie pas des sujets beaucoup plus proches du quotidien comme cette idée évoquée peu avant par un correspondant «qui fait l’apologie des eaux du lac (…) sa boisson de prédilection». La contradiction est portée par un autre lecteur dans une démonstration documentée. Pour lui, la machine hydraulique pompant l’eau du lac et son réservoir sont vouées aux gémonies en opposition à « l’excellente et abondante source des Avants ». Le sujet reviendra dans la chronique de façon répétée. On n’oublie pas que la capitale vaudoise a préféré jusqu’en 1932 l’eau de sources toujours plus éloignées à celle qu’on pouvait pomper dans le Léman sous le fallacieux prétexte qu’on ne voulait pas «distribuer de l’eau de sources aux riches et de l’eau du lac aux pauvres » (15).

La question du débarcadère passionne tout autant les lecteurs. Un abonné souligne la nécessité de faire aborder le trafic lacustre au centre de la ville. Cette idée a été discutée et rejetée voilà huit ans. Elle revient au cœur du débat. Sans doute parce qu’un grand hôtel situé en Plan, assez loin du centre, a construit un débarcadère et passé des accords avec des compagnies pour que leurs bateaux y accostent. Comme le rappelle ce correspondant : «si nous avons un chemin de fer n’oublions pas pour cela les bateaux ».

"Le travail anoblit, et c'est l'oisiveté qui tombe en roture"

La reproduction in extenso d’un discours prononcé à Paris, devant quatre à cinq mille personnes par M. Perdonnet, agent de change dans la capitale française et bourgeois de Vevey s’explique sans doute par le fait que le père de cet honorable citoyen a fait don de 300'000 francs pour embellir la cité sous réserve que les anciens noms de rues et de quartier soient changés. A-V Perdonnet est président de l’association polytechnique qui vise à mettre l’instruction à la portée de toutes les classes de la société par le biais de cours du soir gratuits dans chaque quartier de la capitale.

Son discours est un hommage continu au travail, «force irrésistible qui nous pousse vers l’amélioration du sort des travailleurs». Car «le travail anoblit, et c’est l’oisiveté qui tombe en roture».

La galerie de personnages qui illustrent son propos comprend aussi bien Lincoln, simple bûcheron qui s’est élevé au rang de chef de l’un des plus grands états du monde, que le Christ qui choisit ses disciples parmi les pauvres pêcheurs, que lui-même qui « doit tout au travail : fortune – bonheur – santé même », que son père « qui appartenait à cette vigoureuse génération qui (…) combattit pour l’indépendance du pays» (16). La conclusion témoigne d’un évident pragmatisme de l’orateur qui, en travaillant pour les autres «se prépare une vieillesse honorée et respectée ».

Au milieu de février 1866 l’échéance d’un renouvellement du Grand Conseil, conduit la rédaction à multiplier les subterfuges pour faire connaître sons choix. C’est bizarrement un électeur qui a lu une lettre de lecteur adressée à La Patrie journal des bords de l’Orbe ! qui nous communique les choix de la rédaction. Par ce truchement abscons le journal assure que «le peuple vaudois demande à ses hommes d’Etat des actes et des principes vraiment libéraux». Le modèle laissé par Druey, véritable homme d’Etat, lui reste apparemment en travers de la gorge.

En opposition une partie de l’opinion veveysanne admet que le développement continu de la ville et du bien-être de ses habitants appelle des mesures adaptées. La société de secours et d’assurances pour les ouvriers malades participe de ce train de mesures. La collecte de l’année précédente place le district de Vevey dans le peloton de tête des donateurs avec 4031 francs et 3 centimes. Le district de Lausanne, bien plus peuplé, le dépasse d’une courte tête : 4137 francs et 81 centimes.

Dans la série des nouvelles de l’étranger la rédaction du Journal de Vevey a choisi habilement un discours du comte Plater célébrant le 17e anniversaire de l’émancipation du canton de Neuchâtel en regard des malheurs de la Pologne. Dans une tirade inspirée l’orateur souligne que le patriotisme de la population neuchâteloise lui a permis de se libérer du joug de la Prusse dont «le gouvernement parjure» écrase la pauvre Pologne de concert avec le gouvernement tsariste. Que faire ? demande le comte qui suggère de ne «pas envoyer des bataillons mais de faire valoir quelque chose de plus invincible, à savoir, les principes et les idées».

Et pour la petite histoire à Aigle

La promenade à travers le canton et le siècle que nous avons engagée sur le balcon du Jura en compagnie de la Feuille d’Avis de Sainte-Croix se termine à l’autre extrémité du territoire, dans et autour de la petite ville d’Aigle. L’année 1868, champ de notre observation, est celle d’un progrès continu de la communauté aiglonne, sur le point de gagner 1000 habitants en vingt ans. Pour une cité partie d’un peu plus de 2200 habitants en 1850 cette progression est un signe positif. D’autres vont suivre : d’abord le chemin de fer puis, vers 1900, le tramway électrique.

Dans son habit de l’époque, telle que nous le découvrons à travers le Messager des Alpes, la cité témoigne d’une activité artisanale forte – la parqueterie occupera bientôt cent ouvriers – d’une religiosité ardente – avec trois églises protestantes et une catholique – d’une attention soutenue aux accidentés de la vie : comité de secours pour les indigents ; bourse allemande distribuant aux pauvres les intérêts d’un capital ; Orphelinat des Alpes en faveur de l’enfance abandonnée.

A l’époque de référence le château est encore utilisé comme prison mais la ville présente assez de beaux immeubles anciens, dont son hôtel de ville, pour que l’ancienne résidence du gouverneur d’Aigle garde un rôle mineur.

13 janvier 1868 – Le ton est donné d’entrée avec une petite histoire, celle d’un « marquis anglais orné de 200 millions » qui vient de rejoindre l’église catholique à Nice après avoir abjuré la foi anglicane. Entre les lignes apparaissent les prélats ultramontains, gras à point…

17 janvier – La rédaction ferraille – déjà – contre l’exclusion des étrangers et des Suisses d’autres cantons lors des élections municipales. Entre la France qui ne pose aucune cautèle, le seuil léger posé par Genève et Neuchâtel, un étranger mais aussi un Suisse venant d’autres cantons peut résider 30 ou 40 ans dans une commune vaudoise sans avoir le droit de nommer le gérant communal. Un si long combat …

29 juillet – Dernières nouvelles de l’Exposition de Paris : désormais la Suisse peut lutter avec l’Angleterre en matière de chronométrie. Les progrès continus de l’horlogerie sont portés par Neuchâtel et ses 30'0000 ouvriers produisant chaque année 800'000 montres pour une valeur de 35 millions; Genève avec 11 millions pour 100'000 montres produites chaque année par 7000 ouvriers, Vaud (vallée de Joux) et le Jura bernois d’où chaque année 300'000 pièces pour une valeur de 10 millions sortent des ateliers.

9 août - réflexion amusée sur la rencontre entre l’argent public et les religions : le protestant conteste qu’il serve à la paie du curé qui le traite de parpaillot ; le catholique repousse l’idée qu’il serve au salaire du pasteur qui le traite de papiste ; l’israélite est fâché qu’on le distribue aux chrétiens qui le traitent de déicide ; le libre penseur apprécie peu que cet argent aille aux ministres des religions qui voient en lui un « moins que rien » !

29 août – Passionnés, les rédacteurs comme les lecteurs commentent la Bible au fil de trois numéros successifs. Un débat de haute volée est engagé par un lecteur, l’instituteur Tauxe-Dufour, évoquant «la pureté de la Bible qui sort plus belle de toutes les attaques comme la Dent du Midi quand elle émerge du brouillard.»

8 novembre – On apprend que l’Espagne suit les traces de la France de Louis-Philippe avec un décret du ministre de l’Intérieur règlementant le droit de réunion. L’’autorité exige que la plus petite des assemblée lui soit annoncée 24 heures à l’avance (ce genre de décision a déclenché la deuxième révolte des canuts de Lyon, en 1834, ndlr).

15 novembre – Avec une réplique de Ruchonnet, leader radical, au Messager des Alpes on entre au cœur de la bataille dont nous avons cherché les traces au fil des journaux présentés. Formellement il s’agit d’une opposition entre « camarades d’études » en l’occurrence Cérésole porteur de valeurs très proches. La conclusion de la lettre de Ruchonnet témoigne pour un combat récurrent. Mais : « qu’on argumente tant qu’on voudra. La révision de la Constitution fédérale avance aussi bien et aussi sûrement que la Terre tourne ». Voilà un siècle et demi cette certitude éclairait le paysage…

28 novembre – A quelques mois d’une guerre qui va opposer les deux pays les évêques allemands et français demandent au pape l’ouverture d’un concile. Ce sera Vatican I.

8 décembre – La ligne Pontarlier – Jougne dont on prévoit qu’elle sera « soudée » à la ligne Jougne-Eclépens a le soutien du prince Napoléon, un des dignitaires du second empire français. Mais le régime est proche de sa fin...

Robert Curtat

Notes

  • (1) Il existe une autre lecture de cet événement : celle qu’en font les linguistes identifiant, en anglais comme en allemand, le «tric » à la racine de streike/strike. = grève
  • (2) Les caractères d’imprimerie sont répartis, à partir du dessin de la lettre, en une dizaine de « familles » couvrant l’essentiel de l’expression graphique depuis les Humanes, directement inspirées de l’écriture manuelle, au caractère fantaisie en passant par les incises, les linéales, les garaldes, etc…
  • (3) C’est l’émeute en grande parure. La parole est libre (…) Chez Desenne et chez Lenoir, les presses d’imprimerie battent sans relâche. Chaque heure fournit sa brochure (Henri Béraud - 14 juillet – p. 48 – Hachette éditeur).
  • (4) Pour l’essentiel ces premières pages d’Illusions perdues, livre XVII de la Comédie humaine dans la version publiée par les éditions Rencontre à Lausanne, témoignent de l’état d’une imprimerie de province aux premières années du XIXe siècle. Rappelons simplement que Balzac fut imprimeur et même fondeur de caractères en association avec M. Deberny qui fera de cette entreprise « Deberny & Peignot » l’une des premières fonderies de France. Jusqu’à la mort de la lettre en plomb.
  • (5) Paul Chauvet – Histoire des ouvriers du livre en France de 1789 à 1881. – Analyse de Charlotte Denoël dans son travail sur la modernisation des techniques d’imprimerie au XIXe siècle.
  • (6) La presse pendant la Révolution française – Jules de Goncourt 1928 – Fernand Mitan 1945.
  • (7) De 1798 à 1904 J.-L. Brandstetter, auteur d’une bibliographie des revues, gazettes et almanachs suisses parle, pour le seul canton de Vaud, d’un total de 356 journaux et publications périodiques répartis inégalement en journaux politiques et feuilles d’avis( 104), journaux littéraires et scientifiques (60), almanachs (30), etc..Par ailleurs, Arnold Bonnard auteur d’un ouvrage de référence sur la Presse vaudoise, parle d’un travail du Dr S. Markus sur la presse suisse pendant la République helvétique qui représente 360 pages !
  • (8) Le livre à Lausanne – Payot éditeur p. 173.
  • (9) Ce n’est pas un hasard si l’on retrouve Reymond à la tête du mouvement des Bourla-papey qui brûlaient les papiers témoignant des droits des châteaux sur le peuple des paysans.
  • (10) Le cours-séminaire comprend l’analyse d’une douzaine de thèmes qui vont de l’usage de l’imprimé au colporteur, en passant par la censure de Berne et les pamphlets contre la République helvétique. Le nombre des livres de référence – une centaine ! – donne la mesure de la richesse de cet objet au plan documentaire.
  • (11) L’historien Roland Ruffieux donne une explication qui surplombe les combats régionaux. Pour lui les chemins de fer suisses appelaient la haute finance française car les rendements attendus étaient faibles. Deux familles, les Pereire et les Rothschild s’engagèrent ensemble sur ces dossiers. Les premiers engagés dès 1854 dans la liaison Central – Nord-est échouèrent. Les Rotschild prirent le relais, favorisant le développement de la liaison Ouest suisse en appuyant les gouvernements de Genève et de Fribourg, ce qui imposait le tracé d’Oron
  • (12) Le titre a fêté en 2012 son 250e anniversaire !
  • (13) La campagne des banquets constitua l’un des premiers degrés de la protestation publique contre le pouvoir bernois.
  • (14) Payerne, profil d’un bourg – R. Campiche et E.Zimmermann – Série spéciale d’études et rapports.
  • (15) La distribution de l’eau à Lausanne – 1985 – Le chant des sources – p 18
  • (16) Le propos renvoie au début du siècle et aux combats pour l’indépendance vaudoise.